Playoffs 2019

Un CSP record explose le HTV

Illustration

110-93... Limoges établi le plus gros total offensif de la saison, reprend le point average de la gifle reçue à l'aller dans le Var et permet à Will Howard (25) et Tim Bazille (4) d'établir leur record de points en carrière. 110-93, le CSP n'avait pas été à pareille fête depuis son retour en ProA. Le tout sans Lydeka (16sec) et avec deux espoirs qui se partagent 8min. Heureusement pour le HTV l'adresse à 3pts était exceptionnelle 13/22 (59% dont Cowels 24pts) sinon l'orgie aurait viré à l'humiliation. Analyse

Une première mi-temps en mode bombardier

L'entame du CSP ne tient ni du rêve ni du coup de bol mais bel et bien de la résurrection. Les limougeauds qui se sont alignés dès la première seconde face au HTV étaient motivés, revanchards et surtout en mode EuroCup ! Et ils ont bouffé tout crus les varois un peu légers sur le QT1. Propulsé par Joyce qui lance ensuite un Carter retrouvé qui enfile les perles, aidé par Howard décidé à montrer à son ancienne équipe que son transfert à Limoges n'était pas une simple hype. Le moins qu'on puisse dire c'est que le CSP a fait parler la poudre. Avec 31pts au bout de 10min puis 64 à la mi-temps c'est un tsunami qui a emporté la flotte toulonnaise avec un Jaiteh lui aussi en mode résurrection, de retour aux affaires et hyperactif même si maladroit. Lydeka économisé (histoire de ne pas planter son transfert à Brindisi ITA1), le CSP s'appuyait sur Conklin pour jouer 5 et le capitaine déployait une énergie conforme à ses standards avec une réussite plus souriante qu'à l'habitude. En face, mis à part Cowel qui a fait ses stats comme face aux espoirs était bien seul pour maintenir la barque varoise au milieu de la tempête. Avec 18 points d'écart à la mi-temps, la messe semblait dite mais il faut créditer le HTV d'un certain courage pour continuer à scorer tout en prenant la foudre là où nombre d'équipes en auraient pris 35 voire pire.

Une deuxième mi-temps gagnée par le HTV (+1)

Loin de lever le pied, le CSP a continué à se faire plaisir, à chercher le partenaire démarqué, à défendre dur pour intercepter et marquer en contre attaque ou en transition. Le pire dans tout ça c'est que ça défendait dans ce match ! 203pts marqués en 40min et ça défendait ?! Et bien oui ! Mais avec des taux d'adresse incroyables sur la longueur jugez plutôt :
- à 3pts : CSP 55,2% / HTV 59,1%
- à 2pts : CSP 62,1% / HTV 56,7%
- aux LF : CSP 70,6% / HTV 66,7%
Globalement des chiffres très élevés qui témoignent d'une réussite insolente des deux côtés. Ajoutez à cela du spectacle avec des contre-attaques conclues au dunk ou encore ce alley-hoop Joyce / Howard sur remise en jeu ligne de fond et vous obtenez un cocktail pétillant qui a ravi le public de Beaublanc (mais pas celui de SFR qui a raté sa prog entre ce CSP-HTV et le BCM-BBD hallucinant... alors que le diffuseur a choisi Dijon-Cholet :/). Un précieux Morency a apporté du scoring comme ça lui arrive parfois en facteur X mais a surtout donné de l'intensité défensive dans champ de missiles. Hayes a fait du bien et retrouvé une activité créatrice balle en main comme en fin d'année civile. Alors que le HTV adorait mais ne parvenait pas à faire les stops nécessaires pour grappiller son retard, coach Milling a choisi de laisser les cerclistes se faire plaisir et a même lancé dans la fête Bazille qui a crânement posé deux shoots de grande classe (entendez suite à un travail dos au panier avec grosse opposition et pas seulement démarqué tout seul comme on fait habituellement shooter les espoirs en fin de match). L'intérieur international U20 a mis 4pts de suite et commis une belle faute histoire de marquer sa présence en défense. Tim Eboh lui a emboîté le pas et a par séquences dirigé le jeu limougeaud face à une vraie défense avide de reprendre le moindre point de retard. Une bonne expérience pour les jeunes pousses qui peuvent envisager de plus en plus sérieusement des minutes plus régulières en montrant un tel visage. On soulignera une nouvelle fois le show arbitral. Aurons-nous droit UN JOUR (on ne demande pas toute la saison hein !) à un match où un des chefs de gare ne prendra pas une décision COMPLETEMENT CON et où il ne finira pas de s'enfoncer dans son incompétence en ajoutant une technique pour affirmer l'autorité que sa médiocrité ne lui donne pas ? Le champion du soir a jugé que l'action de Ferdinand PRENOM (et ses 150kg) qui joue des coudes et du fessier pour balancer deux limougeauds (en faisant un marcher sinon c'est pas drôle) était totalement licite et qu'en revanche la protestation de Will Howard projeté au sol 2m plus loin était un grave manquement au règlement... Technique ! On passera sur les attentats sous le cercle sur Conklin entre-autres déjà griffé au sang la semaine dernière sans que cela ne constitue une faute, pour souligner que cette saison les antisportives pleuvent dès qu'un joueur tente une interception en contre attaque mais par contre les cassages de bras semblent autorisés. On vous renvoie vers la réaction de Boris Diaw (via BasketActu, lien disponible dans nos brèves) champion NBA, champion de France, Champion d'Europe qui a donc vu pas mal de choses dans sa carrière et qui avoue qu'après des mois à avoir tenté d'en parler en "off" avec les officiels finit par s'en ouvrir dans la presse devant son incompréhension face à l'incohérence des arbitres hexagonaux et leur propension à s'approprier le règlement et l'interpréter à leur guise. Tout ce que je souhaite à titre personnel à tous ces arbitres qui prennent tout le monde de haut (joueurs, coaches, public, journalistes...) c'est de se prendre au moins une fois un taquet façon Ferdinand Prenom et qu'ils nous expliquent avec leur fracture du sternum "qu'il n'y a pas faute" ou "qu'il n'a pas tapé si fort". Encore faudrait-il qu'ils jouent au basket...

Analyse

On a retrouvé le CSP de 2017. Après la victoire face au BCM on sentait que le mode pente ascendante était enclenché, après le sursaut d'orgueil face à Reggio Emilia on se disait que ça sentait bon... là, c'est officiel. Les limougeauds vont mieux. Janvier semble digéré, les esprits semblent clairs et la motivation de retour. Comme beaucoup se sont efforcés de le rappeler au coeur de la tempête, une saison est longue et une mauvaise passe peut arriver. Pendant ce temps là, les grands stratèges de la continuité avaient déjà échafaudé 3 voire 4 changements dans l'effectif (avec un seul contrat disponible, mais c'est à ça qu'on reconnaît le vrai basketix). Alors certes on a encaissé 93pts à domicile contre une équipe de bas de tableau, mais ayant vu le match il faut vraiment accorder aux varois la qualité d'un paquet de shoots de haut niveau, certes quelques bévues cerclistes ont aussi permis quelques points mais pas une proportion inacceptable. Ce CSP-HTV est l'exacte opposé du match aller qui avait un peu cassé les chevilles des limougeauds qui commençaient à se voir trop beaux. Ici, c'est le plein de confiance qui est fait, des joueurs dans le dur qui se relancent (Carter, Hayes, Jaiteh) et d'autres qui confirment leur statut de "cadres" de ProA (Bouteille, Joyce et surtout Howard). Alors si on n'était pas en crise il y a deux semaines, on n'est pas plus champion de France cette semaine mais on ira que l'inquiétude s'est dissipée.

On a aimé

- 110 points marqués (meilleure perf depuis le CSP-Antibes gagné 111-85 en... février 1997 il y a 21 ans)
- Carter retrouvé
- Jaiteh retrouvé
- Hayes retrouvé
- Confiance retrouvée (ne cherchez pas ce n'est pas le nouveau pivot)
- Le sourire du public qui s'est régalé
- La défense pas absente alors qu'on aurait pu faire du pur run&gun
- Le spectacle
- Battre le record de points de la saison détenu par Boulazac (109pts)

On n'a pas aimé

- Perdre le record de points de la saison 55min après l'avoir battu (BCM 113-111 BBD après 4 prolongations !)
- l'arbitrage... ça devient lassant, on voudrait juste des "neutres", même pas des bons !
- Ne pas avoir eu de buzzer beater de 20m (bah quoi tant qu'à faire ?!)
- Que Kyle Milling ne fasse pas jouer Jean Max
- Voir Pau gagner face à l'ASVEL
- Les planages de l'ampli SFR en suivant la fin de BCM-BBD

Perspectives

On repart en voyage pour boucler l'EuroCup en Russie et se mettre en forme pour la suite du road-trip au Mans dimanche pour un choc dans le haut de la ProA. Dès le vendredi suivant c'est rdv chez Mickey pour affronter Nanterre qui, décimé, vient de se faire atomiser par la lanterne rouge/champion en titre Chalon 85-55. Le staff aura des choix à faire. S'économiser à Kazan ? Jouer la Leaders Cup ou envoyer les espoirs pour une compétition qui n'offre aucune qualification, qui tire sur les organismes et fait juste de la pub à la LNB ? Quand même 100.000€ à la clé...mais le jeu en vaut-il la chandelle ?

BONUS

  • Autour du match
  • Commentaires (26)