Playoffs 2019

Taylor taille patron

Illustration

Emmené par un Jordan TAYLOR stratosphérique (10pts et 14pds) et un Boutsiele dominant (15pts 8rbds) Limoges s'impose 77 à 73 sur le parquet du Colisée de Chalon s/Saône. Une grosse défense et un muselage efficace de Robinson à "seulement" 9pts 5pds auront aussi contribué à ce succès mais c'est avant tout l'investissement en zone arrière qui a permis de gagner sur un parquet où cela n'était pas arrivé depuis 19 ans ! Analyse.

Le match

0-8 ça partait mal... on revoit le QT1 fatal de Valencia se répéter et puis... 15-0, on se dit ça y est ! Le signe indien est vaincu, on va enfin dominer largement. Et puis patatras re-0-8 pour finir à 16-15 à un point des hôtes bourguignons.

Certains vous parleraient de match de séries mais moi je vous parlerais plutôt de match de coaches. Derrière ce spectacle binaire, il faut plutôt lire une jolie opposition de techniciens qui ont su analyser les options de l'adversaire et proposer des solutions jusqu'à ce que la tactique de l'adversaire ne s'adapte. Si coach Choulet a joué la carte Sanford en début de match c'est à l'intérieur que François Peronnet a décidé d'appuyer en début de match. Ainsi le CSP a peu utilisé le tir longue distance en première mi-temps et les Big Men comme les petits ont décidé d'aller jouer tout près du cercle en appuyant là où Chalon était dominé. A ce petit jeu on a vu un Boutsiele en pleine progression qui ne devrait pas tarder à frapper aux portes de l'Equipe de France s'il continue à produire des sorties de cette qualité. Avec 15pts 8rbds au final, l'ex-choletais a mangé sur la tête de Camara et Palacios. La révolte bourguignonne fut sonnée par le toujours très précieux Mike Gélabale qui a su agresser la défense limougeaude et obtenir (parfois généreusement) moult lancers-francs qui lui ont permis de réaliser un joli 11/12 sur la ligne de réparation. Au moins ce déséquilibre dans les fautes a le mérite de rassurer sur l'implication défensive des limougeauds jusque là peu enclins à ce type d'efforts.

La seconde période a eu une toute autre physionomie. Finies les séries et les passages à vide. Les deux équipes se sont lancées dans une sorte de course-poursuite où l'une puis l'autre reprenait les commandes du match. Un vrai match plaisant à voir (et notons que le public chalonnais a joué son rôle, ça fait du bien d'avoir des salles en France qui ne soient ni des coquilles vides ni des discothèques alsaciennes). En plus du changement de rythme, les attaques ont aussi changé de "distance de tir". Si l'accès à la peinture s'est trouvé un peu plus compliqué sur jeu placé, les vannes se sont ouvertes à 6m75 (et plus) et à ce petit jeu, il ne fallait pas chauffer Hardy, Howard et Taylor. Les extérieurs limougeauds chauds comme des baraques à frites au mois d'août ont fait parler la poudre. Le scoreur américain si souvent discret depuis son arrivée en Limousin a littéralement fait honneur à sa réputation et termine ainsi meilleur marqueur avec 20pts à 4/9 à 3pts. Comme pour prouver que ce collectif allait enfin faire la différence, ce sont Miles, Rousselle et Samuels qui ont fait la différence dans l'ultime quart-temps. Soit par des séquences défensives, soit par des paniers décisifs dans le money-time.

Analyse

Comme d'habitude, un soir de victoire, qui plus-est à l'extérieur, nous sommes champions de France. On demandera la tête du coach ou d'Inglis un autre soir... Le véritable exploit de la soirée outre la fin de la série de 19 années de défaites au colisée, c'est d'avoir limité le meilleur marqueur de Jeep Elite à 9 petits points au coeur d'un famélique 4/13 en n'obtenant aucun lancer-franc. Je vous avais parlé dans la preview de limiter sa capacité à distribuer étant plutôt résigné sur sa capacité à scorer. Non content d'avoir réussi à le gêner considérablement, les cerclistes l'ont aussi limité à 5 passes décisives. Alors on pourra arguer que le lutin est passé à côté de son match, mais on ne m'enlèvera pas de l'idée que son traitement défensif n'est pas étranger à sa contre-performance. La seconde option offensive, Sanford, a fait son taf avec 18pts dont 4/8 à 3pts... les efforts ont clairement été canalisés sur le playmaker Robinson. A l'intérieur en revanche, personne n'est parvenu à se mettre à la hauteur des talents limougeauds. Gélabale en vieux briscard a su tirer son épingle du jeu mais la victoire limougeaude est méritée. Coach Choulet aura tout tenté et a presque failli réussir son coup malgré un effectif beaucoup plus limité.

On a aimé

- L'ambiance au colisée
- Boutsiele qui progresse encore et encore
- Taylor qui écrase un adversaire candidat au titre de MVP
- Hardy qui score froidement
- Miles qui ne prend pas 4 fautes au QT1
- Le duel Peronnet-Choulet
- Howard encore et encore...
- Bouteille précieux et sans pitié avec ses anciens partenaires
- Samardo qui défend et qui ne boude pas

On n'a pas aimé

- La myopie partielle du corps arbitral
- Inglis qui persiste à se prendre pour une option offensive alors qu'il est pourtant précieux en défense... du Morency bis ?
- Des pertes de balle à des moments cruciaux... en EuroCup ça aurait été sanctionné cash !
- Réaliser que Chalon et son bilan fragile était si près et se dire que Pau arrive avec un rendement bien supérieur. Saurons-nous élever les niveau de jeu ?

La suite

Une branlée à Malaga... et puis un 104ème clasico avec des supporters qui se titillent sur Twitter depuis déjà une ou deux semaines... Les béarniais vont en faire leur finale pensant que nous priver de la Mickey Cup sera l'affront ultime. On préférera les sortir en playoffs mais ça devient frustrant cette histoire de défaite à Beaublanc contre les paloisiennes...

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Merci à Epiphanie ESTEVES, Photographe limougeaude pour sa photo d'illustration, retrouvez son travail et ses coordonnées
sur sa page Facebook.

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