Playoffs 2019

Méfiance Cantù joue des italiens

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Limoges a prouvé encore une fois que le passage entre l'Eurocup et le championnat était maîtrisé. Même si l'opposition du Mans samedi après-midi était étonnamment faiblarde, le match a été sérieux malgré quelques relâchements en fin de rencontre. Maintenant, les joueurs doivent se projeter à fond vers la surprenante équipe de Cantù, qu'ils vont devoir affronter deux fois en une semaine. Pas mal de mystères en effet autour de cette équipe italienne, capable de battre le Khimki Moscou de 11 points, mais qui termine à mi-championnat de Lega à une piteuse 14ème place avec 6 victoires pour 9 défaites... Revue d'effectif.

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Cantù, en Italie et en Europe, ça sonne un peu comme une vieille légende... Un palmarès européen long comme le bras (2 fois vainqueur de l'Euroleague, 4 Coupes des Coupes et 4 Coupes Korac), 3 fois champion d'Italie, tout ça dans les années 70 et 80, et une descente en Legadue au milieu des années 1990. Depuis Cantù n'a jamais retrouvé son lustre d'antan sauf pour remporter deux Supercoupes d'Italie en 2003 et 2012. Cantù c'était aussi un formidable shooter, Antonello Riva, que Beaublanc a eu la chance de voir jouer, défendu avec acharnement par Dacoury, et auquel Murphy répondait du tac au tac. Ces duels légendaires sont bien loin, Cantù réapprend l'Europe, comme Limoges, et le CSP pourrait juste commencer par leur montrer qu'il a plus vite appris qu'eux.
En saison régulière d'Eurocup les italiens ont pris la dernière place qualificative pour le Last 32 avec 4 victoires et 6 défaites, derrière Gran Canaria, Ostende et Dijon, et devant l'ASVEL et Oldenburg.

Les meneurs
IllustrationDarius Johnson-Odom - Plus gros temps de jeu et plus grosse éval de son équipe (30 minutes et 15.2 d'éval), le meneur US peut à la fois percuter la défense adverse (il provoque 5.3 fautes par match mais n'est qu'à 68% aux lancers), ou faire jouer son équipe (4.4 passes par match). Avec ses 15.1 pts c'est aussi le meilleur marqueur de son équipe. Après Rice à Moscou et Beaubois au Mans, voila un 3ème meneur qui va venir agresser la défense du CSP pendant tout le match. Les limougeauds ne seront donc pas trop surpris. Il a été élu MVP du round 9 grâce à 31 points à 7/9 à 3 points, et une victoire face à Dijon. Un client.

IllustrationStefano Gentile - C'est le fils de Nando Gentile, meneur international pendant les années 80 et 90. Meneur comme son père, il seconde Johnson à la mène mais peut aussi se décaler à l'arrière. Il score 7.1 points, mais avec un pourcentage de 40% il ne devrait pas être dangereux, surtout si la défense du CSP le presse un petit peu.

Les arrières
IllustrationJames Feldeine - Arrière US et dominicain en pleine force de l'âge, c'est le parfait complément de Johnson. Avec 11.2 points il est une menace permanente pour les défenses, même si ses pourcentages en Eurocup sont en dessous des 40% : à surveiller avec la plus grande attention. Ses 3.4 passes prouvent qu'il peut aussi faire joueur ses coéquipiers quand l'adresse n'est pas au rendez-vous.

IllustrationMarco Lagana - Avec 12 minutes par match cet arrière italien est là pour dépanner et faire souffler les deux US. Il est assez filiforme et n'apporte pas beaucoup de densité physique, il n'aura pas beaucoup d'impact dans le jeu.

Les ailiers
IllustrationDeQuan Jones - Encore un US titulaire : il a fait une saison complète au Orlando Magic il y a deux ans, et vient d'arriver en Europe après un passage en D-League la saison dernière. Il shoote peu à 3 points pour un ailier, et préfère aller se frotter aux défenses adverses pour faire parler ses 2.03m et ses 100 kgs. Son pourcentage est correct (60%), et il score 9.1 pts par match. Il ajoute 5 rebonds et 3 fautes provoquées, à NBC de le museler en défense. Il a sorti un gros match malgré la défaite au PAOK : 16 points à 7/9 et 9 rebonds.

IllustrationDamian Hollis - Il a un peu le même profil que Jones, son compère dans l'aile, et surtout les mêmes stats : temps de jeu, scoring... Il rajoute juste un peu d'adresse, sauf que lui, il shoote de loin (17/45 à 3 points), et il faudra l'avoir à l'œil au même titre que le meneur Jonhson.

IllustrationAwudu Abass - Les italiens sont décidément là pour faire souffler les US dans cette équipe : ce jeune ailier joue 16 minutes par match sans avoir réellement d'influence dans le jeu de Cantù, même s'il score 5.5 points par match à 46%.

Les intérieurs
IllustrationGiorgi Shermadini - La tour de contrôle géorgienne voit venir de loin dans la raquette avec ses 2.16m. Passé par le Pana, l'Olympiakos et Tel Aviv, il a déjà un beau palmarès à 25 ans : champion de Géorgie et de Grèce, et 2 fois vainqueur de l'Euroleague. Passé par Cantù en 2011, il revient doucement à la compétition après une blessure au genou : 4.1 points par match à 50% de réussite, et 5.7 rebonds.

IllustrationEric Williams - Tiens un ancien! Passé par Limoges pour quelques matchs la saison dernière, revoilà les 150 kgs d'Eric Williams. Il a une bonne présence physique sous les panneaux, et en 20 minutes avec Cantù il score 5.6 points à 58% (il est même à 100% à 3 points, énorme, 1/1!). Il prend 4 rebonds et fait par contre pas mal de fautes, 4 en moyenne, fidèle à ses stats limougeaudes. Ça promet de d'envoyer du lourd sous les panneaux avec Zerbo. Faudra pas hésiter à monter au contre, parce qu'aux lancers, le gros Rico, c'est pas ça du tout (63%). Il vient de réussir ses deux meilleurs matchs en Eurocup lors de ce Last 32 : une montée en puissance?

IllustrationIvan Buva - Moins de 20 minutes pour le jeune intérieur croate. C'est un poste fuyant qui aime shooter à 3 points, sans grande réussite pour l'instant (5/21 en 12 matchs). Il tourne quand même à 6.9 points et 4.7 rebonds.

Le coach
IllustrationStefano Sacripanti - Né à Cantù, c'est sa 9ème année au club, il est revenu à la maison après des passages à Pesaro et Caserte. En 2001, c'est lui qui avait fait découvrir à l'Italie du basket certains US qui allaient cartonner dans les années suivantes, Bootsy Thornton, Shaun Stonerook et Jerry McCullough (passé en France quelques années auparavant). Avec eux il gagnera le 1er titre majeur de Cantù depuis 1991, la Supercoupe d'Italie. Il est également le coach des U20 italiens.

Les clés
Comme contre Moscou, le danger risque de venir des postes extérieurs : les 3 US ont du feu dans les jambes, du boulot en perspective pour toute la ligne arrière, pour NBC et Mike Gelabale aussi.
Trop de rebonds défensifs échappés samedi au Mans (9), il faudra impérativement tenir la raquette face à Cantù, parce que cette équipe me parait avoir une belle densité physique, entre la taille de Shermadini, le volume de Williams, et l'activité des US.
Même chose pour les balles perdues. Le match contre Le Mans a été sérieux dans l'ensemble, mais en 2ème mi-temps, il y a eu trop de balles perdues, l'opposition de Cantù sera beaucoup plus forte que samedi, alors application sera le maître mot.
On aimerait retrouver un Westermann décisif et un Smith incisif. Les deux sont un peu dans le dur en ce moment, certes c'est compensé par les coéquipiers qui prennent le relais en cas de moins bien, mais on a juste envie de voir Léo Westermann envoyer des caviars et Jamar Smith faire exploser les défenses à 3 points.
Il faut continuer à insister à l'intérieur, avec Zerbo et Camara à l'activité et à l'envie débordantes, avec Batista qui se bouge quand il veut, le secteur intérieur est le point faible de cette équipe de Cantù.

Conclusion
Limoges arrive à un moment charnière dans sa campagne européenne. Si le CSP veut aller voir plus loin comment c'est l'Europe, il faut battre Cantù mardi soir, avec un écart si possible, et tenter un coup en Italie la semaine suivante. Oui on est exigeant, mais deux victoires contre le 14ème de la Lega c'est plus qu'envisageable. En plus de l'autre côté, le PAOK aura sûrement du mal face au Khimki, si ça veut sourire, Limoges peut se retrouver bien placé dans une semaine et commencer à voir les 1/8èmes.
Mais il faut commencer par prendre Cantù avec sérieux et application, une équipe qui bat le Khimki de 11 points doit forcément avoir de la ressource. Et surtout ces matchs qui commencent à être importants par leur enjeu permettront au CSP de rester bien concentré pour les échéances à venir : réceptions de Nanterre et de l'ASVEL en championnat, deux équipes toujours difficiles à manœuvrer.

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