Playoffs 2019

Brockman fait déchanter la Chorale

Illustration

Ce soir le CSP a peut être trouvé son match référence. L'influence du nouveau venu Jon Brockman (12pts 11rbs) n'est pas étrangère à ce résultat : un intérieur puissant qui crée un point de fixation sous le panneau, productif en points, en rebonds, dissuasif en défense et qui libère de fait les extérieurs (McAlarney 15pts, Wanamaker 7pts 5pds 14ev). Coach Giannakis a peut-être trouvé le chainon manquant pour développer un collectif varié et efficace. Affaire à suivre... en attendant, analyse de cette nouvelle victoire à l'extérieur.

En préambule de cette rencontre, Limoges a officialisé un peu en catimini la rupture de contrat avec Edin Bavcic qui a quitté la ville (sans goudron ni plumes on vous rassure). Le bosnien, jamais dans le coup physiquement,trouvera sûrement un autre club quelque part en Europe (si ce n'est déjà fait par un accord à l'amiable, fréquent dans ce genre de situation) pour utiliser au mieux sa technique mais peut être dans un championnat moins athlétique. En tous cas nous lui souhaitons bon vent.

1er quart temps : Brockman, Boungo Colo sur le banc, Desroses Mipoka aux postes 3 et 4.

Le 5 de départ est un 5 désormais classique lorsque Mipoka est apte : à savoir une belle équipe... sur le banc (Kmac, Tsamis, Nobel, Brockman et Fréjus). Au terme des 6 premières minutes dont on vous passera les commentaires vu le niveau de jeu affiché des deux côtés (moins de 30% de réussite aux tirs), c'est Desroses avec un 2/2 à 3 points qui permettait au CSP de rester collé aux baskets roannaises (7-6).
Giannakis choisit alors de changer progressivement son 5 pour faire rentrer les précités. Mais contrairement à la semaine dernière où le banc (sans Brockman) était bien revenu, c'est lui qui prend le premier petit éclat de la soirée avec un 13-9 qui augure un record de point si ça continue (on était à ce moment là sur une base de 52 – 36 !). Notez que Limoges avait aussi marqué 9 points lors des 10 premières minutes contre Poitiers... donc allez savoir !

2ème quart temps : 30-29

Le cinq qui a pris le premier éclat précédemment est maintenu sur le terrain dans l'espoir de reprendre des couleurs mais c'est Roanne qui tire le premier à 3 points pour creuser un peu plus l'écart. Zerbo, crédité d'une bonne entrée, retombait dans ses pêchés de jeunesse avec une 3ème faute en … 5 minutes ce qui "obligeait" Giannakis à faire rentrer Ty Walker, notre Marsupilami préféré (oui parce qu'il est gentil, sympa, un peu frêle et qu'il saute tout le temps). Mais associé à Brockman, le jeu s'enflamme et le score s'équilibre. The Brockness Monster marque peu (un petit panier) mais il gobe du rebond et il fait preuve d'une activité intéressante à l'intérieur, ce qui mobilise la défense roannaise. Limoges remonte alors la pente par l'intermédiaire d'un KMac heureux d'avoir quelques centimètres d'avance pour shooter et qui entame ce qui finira par un "petit" 4/7 à 3pts pour notre lutin préféré. La chorale multiplie les pertes de balles face à un CSP plus appliqué dans cet exercice qui était jusque là son pêché-mignon (13 pour Roanne in fine contre "seulement" 10 pour Limoges plutôt habitué à dépasser la quinzaine dernièrement).

QT3 : Limoges déroule et Brockman s'intègre

Au retour des vestiaires, où Giannakis a du chercher à limiter l'impact d'Amagou et Samnick, les deux choraliens les plus en vue, et où Pavicevic a du mettre une "danse" à ses joueurs qui évoluaient pour la première fois au complet avec le retour de Gradit, les choses se corsaient pour les locaux.
Si les deux formations avaient jusque là vécu par le tir extérieur avec un secteur intérieur pour le moins encombré et vérouillé, c'est de là qu'allait partir la révolte limougeaude menée par un Brockman impatient de faire valoir ses qualités. Deux tirs à mi-distance du NBAer plus tard, initiant un 6-0 pour le CSP dans les premières minutes du QT3, les verts et blancs commençaient à imposer leur patte. Ils faisaient même enfler l'écart jusqu'à +11 par l'intermédiaire d'un Boungou-Colo en mode all star bénéficiant lui aussi de l'espace créé par l'apport de Brockman. Roanne survivait grâce à Pape-Philippe Amagou (18pts ce soir dont un énorme 5/8 à 3pts) et revenait à 48-52 mais perdait Matt Howard pour 5 fautes (en 8min !) usé par Brockman !

De la maîtrise... ENFIN !

Au cours du dernier quart-temps, Limoges n'a jamais vacillé. Si Victor "du café des sports" Samnick (15pts) et Amagou soignaient leurs stats, Roanne n'a pas su trouver la faille dans l'édifice limougeaud en cette fin de rencontre. Le CSP dominant le rebond des deux côtés du terrain (36 à 27 dont 14 à 10 en attaque) sanctionnait chaque nouvelle chance d'une flèche signée Kmac ou d'un joli move de Wanamaker voire de Zerbo ! Pour la première fois de la saison, les supporters limougeauds n'ont pas fait de l'huile jusqu'à la dernière seconde et le CSP s'imposait dans une relative facilité 71-67 en s'appuyant sur une défense très sérieuse tout au long de ce dernier acte.

Brockman LA réponse aux maux limougeauds ?

Au vu du résultat on est tenté d'être euphorique : l'arrivée de l'intérieur US a, à l'évidence, donné une nouvelle dynamique à l'équipe. Sa présence dans la peinture et son activité débordante ont changé le visage du CSP, donnant plus d'espace à pratiquement tous les joueurs. On retrouve ainsi un KMac dans des positions de tir qui lui étaient jusque là interdites car serré de trop près, Boungou-Colo finit de se régaler (lui qui était déjà en verve n'en demandait pas tant !), les extérieurs dans l'ensemble ont plus de facilité à s'exprimer et surtout moins de responsabilités quant à la possession et même Zerbo et Walker peuvent s'exprimer sans être systématiquement trappés. Alors oui, Jon Brockman apporte une grande bouffée d'oxygène à tout le monde, à des années lumière du rendement de Bavcic, mais la régularité sera-t-elle au rendez-vous ? Nous l'espérons tous, de même que nous espérons que les techniciens adverses (à commencer par Eric Bartecheky la semaine prochaine) ne trouveront pas l'antidote rapidement. En attendant, The Brockness Monster fait un bien fou et semble sur ce petit match en tout cas pouvoir être un révélateur du collectif promis par Giannakis. L'effectif recèle maintenant du talent à tous les postes (Gomis, Wanamaker, Tsamis, KMac, Boungou-Colo et Brockman) et des joueurs de devoir fiables, capables de profiter des espaces générés par l'activité des créateurs. On salive d'avance dans l'attente de la réception du Havre qui pourrait marquer le début d'une série de victoire à Beaublanc et de la première rencontre de Brockman avec le public limougeaud (mis à part les 400 ayant fait le déplacement dans la Loire, bravo à eux au passage !).

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