Playoffs 2019

A Dijon pour passer la 7e

Excursion en Bourgogne après la Serbie pour un CSP dauphin de ProA et qui devra gagner pour le rester. La JDA a connu une saison compliquée l'année dernière, elle est repartie d'une feuille presque blanche puisqu'ils n'ont gardé que deux joueurs. Un peu comme le CSP, sauf qu'ils ont aussi gardé leur coach. Présentation.

L'effectif :

Les meneurs :

Axel Julien s'est fait connaître à Hyères-Toulon en Pro B sous les ordres de Legname l'actuel coach de Dijon. Son envie, son implication sur et hors du terrain ont amené son coach a le désigner capitaine de l'équipe. Il possède un bras sans distance, il peut dégainer à 10m sans forcer. Mais son jeu est surtout basé sur l'altruisme. Adepte des passes décisives, il sait aussi très bien défendre. Convoité par Limoges l'été dernier il a préféré rester à la JDA avec plus de responsabilités.

J.J. Frazier sort de l'université de Georgia, il découvre le monde professionnel. Il fait 1m78, il est très rapide surtout sur son premier pas. Attention c'est un gaucher, et souvent ce genre de joueur qui possède un gros premier pas est assez difficile à défendre. Il peut mettre dedans de loin avec un pourcentage correct (30% à 3pts). Mais il est surtout très fort sur le jeu de relance et sait finir très vite sur le jeu en transition.

Les extérieurs :

Valentin Bigote est un poste 2/3 de 1m98 avec un vrai bras. Assez unidimensionnel, il progresse de saison en saison. Il vaut aujourd'hui 9pts 3rbds et 2pds par match. Il commence à être plus agressif vers le cercle au lieu de ce contenter de shooter de loin, il a encore beaucoup de mal pour créer son propre tir. Il a surtout été chercher du temps de jeu en Pro B à Nantes où il a fini meilleur marqueur de la division. Il revient en Pro A pour voir si ses progrès sont suffisant pour s'imposer à ce niveau. Pour le moment il est dans les clous.

Rasheed Sulaimon est Nigérian mais il a été formé entièrement aux USA. Il était très coté en High School, il a donc signé dans la prestigieuse fac de Duke où il est resté 3 ans. Mais il a été renvoyé, et il a finit son cursus à Maryland. La saison dernière il était en D-League dans une faible équipe, ses stats étaient de 13pts, 4rbds et 3pds. Depuis le début de saison, il a exactement les même stats. C'est un joueur qui ne force rien, habile balle en main, c'est un vrai poste 2 avec un gros pourcentage à 3pts (44%).

Rion Brown est un fort shooteur de loin, même un fort shooteur tout court. Il peut prendre feu, il a déjà fait une pointe à 40pts en BCL la saison dernière. Il a brillé en Belgique, Finlande et Israël. On attend encore le match référence à Dijon, et ce serait bien que ce ne soit pas contre Limoges.

Les intérieurs :

Ryan Pearson arrive du Mans, les Sarthois ne l'ont pas re-signé parce qu'il est certes un excellent joueur, mais pas un véritable coéquipier. Il aime le ballon... un peu trop. Fort sur le 1c1, capable de se créer son tir avec un arsenal impressionnant. Bon de loin (40% à 3pts), il aime le contact avec son jeu dos au panier, ou attaquer son adversaire les yeux dans les yeux. Une excellent recrue pour un club comme Dijon, mais il faut juste parvenir à gérer le garçon.

Abdoulaye Loum est un éternel espoir. Il commencé son expérience pro au Havre, puis à Gravelines, mais il a quand même réussi une excellente saison en ProB à Boulogne-sur-Mer. Ce qui lui a permis de trouver un contrat à Orléans ou il est resté 3 ans mais ses stats n'ont pas progressé, ça a même été le contraire. Il est quand même Champion de France avec Chalon l'année dernière, avec un temps de jeu restreint. 2m09 et une envergure à la Gobert, il est performant au contre. Son pêché mignon c'est le 3pts, il aime prendre des tirs de loin mais pas toujours à bon escient. Et souvent s'il met le premier, il s'enflamme facilement et tire même quand c'est très difficile.

Jacques Alingue a vécu sa jeunesse au Tchad jusqu'à 18ans. Il est arrivé à Strasbourg en fac de math, il a commencé sa carrière de basket en NM3 avec Hagueneau, il a gravi les divisions pour arriver jusqu'à Dijon en 2014. Une petite saison en ProB à Toulon pour revenir en Bourgogne. Petit poste 4/5 (2m01), c'est un guerrier, il aime le combat. Pas shooteur de loin, il prend tous ses tirs dans la zone intermédiaire. Joueur de devoir, il pose de bons écrans, donne son corps à l'équipe. Pas vraiment fiable aux LF. Fait partie des joueurs qui peuvent se sentir "volés" de ne pas figurer au All Star Game.

Steve Taylor Jr est un jeune pivot américain, qui vit sa première expérience professionnelle. On ne peut pas dire qu'il casse la baraque avec ses 5pts 2,6rbds et une évaluation moyenne de 5. Il était un gros joueur au niveau statistique dans une petite fac où il passait un double double de moyenne sur la saison. Pivot tanké, possède un jeu dos au panier de bon niveau, mais comme il n'a pas une détente exceptionnelle, il se fait souvent contrer.

Le duel :

Mam/Alingue : on va vivre une rencontre avec deux pivots qui ont eu une trajectoire diamétralement opposée. Mam a connu des succès, l'équipe de France, mais on attend toujours LA vrai saison où il explose tous ses adversaires. Alingue lui a connu un début de carrière plus compliqué, pas sous les projecteurs, mais avec une énorme envie de réussir.

L'analyse :

Dijon reste sur trois défaites, ils sont à 6V pour 7D, ce qui correspond au timing d'un maintien assuré tranquillement ce qui est leur objectif. Pour Limoges, on aurait tous signé dès le début de saison pour un tel bilan à presque mi-saison : second au classement de la ProA, qualifié pour le top 16 de l'EuroCup... que dire ? Qu'il faut voir ces résultats comme une résurrection du CSP après quelques saisons difficiles après deux gros titres de champion ? Alors si on veut continuer à monter au classement ou tout du moins à mettre la pression à Monaco, gagner en Bourgogne serait une excellent idée mais surtout il ne faut pas se croire arrivé où que ce soit et garder l'état d'esprit qui génère ces résultats.

Dijon ça nous remémore les playoffs de 2014 où l'on gagne la demi-finale en 5 matches sous très haute tension contre Riley & co, avec une équipe qui avait fière allure mais surtout des joueurs qui voulaient gagner ensemble. Et bien c'est un peu ce que l'on voit poindre cette saison : une équipe solidaire, avec un coach qui a réussi à impliquer tout le monde. Cette ambiance interne est certainement une des clé de la potentielle réussite de cette saison... mais restons prudent et sortons déjà du piège bourguignon.

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