Présaison CSP 2018/19

Le CSP fait la peau à l'Hermine !

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Dans un Beaublanc une nouvelle fois rempli jusqu'aux cintres, Limoges a disposé ce soir de l'équipe de Nantes sur le score de 74 à 57 sans toutefois reprendre le goal-average par rapport au match aller. Contrairement à leurs compatriotes Nantais, les américains de Limoges Joah Tucker (21pts 5rbs 32min) et Gabe Kennedy (13pts 5rbs 2ct 22min) livrent une superbe performance. La tenaille défensive a elle aussi fait son travail comme à son habitude depuis l'arrivée de coach Cousin, limitant les visiteurs à 17 longueurs et sous la barre des 60 pts malgré un début de 3e QT un peu en retrait.

La « cathédrale » Beaublanc a hélas mérité son surnom avant le coup d'envoi ; les 5000 supporters présents se sont unis dans une minute de recuillement à la mémoire du speaker de Beaublanc. L'équipe de beaublanc.com s'associe bien sur pleinement à l'hommage rendu à la voix de Beaublanc.
Gouez étant de retour sous le maillot blanc, son pigiste Theodorakis est reparti d'où il venait... vu l'allure de la raquette Limougeaude ce soir, on ne le regrettera pas ! Lukovski ne l'a toutefois pas remplacé sur la feuille de match, il était à nouveau économisé. Ce sont donc Toti, Larrouquis, Tucker, Almonte et Kennedy qui ouvrent le bal côté Limougeaud. Ils font face à Tutt, Freeman, Dessart, Bardet et Pearson.
Si le premier ballon est Nantais, Tutt manque sa pénétration et s'est Kennedy qui a l'honneur d'ouvrir la marque pour son premier match à Beaublanc. L'américain joue ensuite les altruistes, servant efficacement son compatriote Tucker. Larrouquis se joint à la fête, avant un nouveau panier de Tucker, qui pour l'anecdote marque là le 2000ème point Limougeaud de la saison en championnat. Côté défense, tout est également bien en place. Almonte est incontournable, et la raquette est verouillée à double tour. Pendant ce temps, Nantes baffouille son basket et gaspille de multiples ballons, au point de pousser coach Michon au temps mort a près 4 minutes (9-2). Au bout de plusieurs tentatives, Pearson parvient enfin à attaquer la raquette. La situation est plus facile pour Almonte, qui se fait tranquilement sa place pour scorer malgré trois défenseurs sur les bras ; Freeman copie aussitôt l'exemple. Le duo arbitral se fait ensuite 5000 nouveaux amis : les artistes du sifflet infligent un marché discutable à Almonte tout en refusant son panier. Cousin tente d'exprimer son mécontentement, mais écope d'une technique avant d'avoir eu le temps de dire une phrase. Freeman ne convertit que son deuxième lancer, et Tucker lave aussitôt l'affront d'un missile lointain bien senti. Kennedy parvient ensuite à se faire sa place devant Freeman, qui lui éprouve toutes les peines du monde à contourner Kennedy et Oyono (et écope d'un marché). Deux nouveaux assauts de Kennedy donnent déjà 10 longueurs d'avance au collectif Limougeaud (21-11, 9° min). Tout souri à notre nouvel américain, et à l'occasion d'un lancer franc, on est presque surpris de voir qu'il peut aussi connaitre des ratés... Mekdad temporise la fin de période avant de servir au mieux Tucker, qui enfonce encore un peu le clou ; Nantes reste péniblement dans le coup aux lancers francs (24-15, QT1).
La domination Limougeaude saute aux yeux, et avec un arbitrage plus équilibré (6 fautes Limougeaudes contre 3 pour nantes), on imagine assez bien les cerclistes combler leur goal-average (-32 à l'aller).

Le deuxième quart débute sur le même rythme. Renaux et Almonte ont faim de ballons et les crocs qui rayent le parquet, les systèmes sont bien conduits pour amener à des shoots isolés. Si Gayon parvient à contourner Almonte, c'est Tucker qui se charge de laver l'affront, l'humiliant d'un superbe « petit pont » pour servir Renaux. Limoges déroule un jeu très séduisant, en exploitant tout son collectif, mais ne parvient pas à distancer Nantes pour autant. Et pourtant, on se régale à voir Kennedy arracher et convertir les rebonds offensifs, ou a contempler les étincelles de l'association Larrouquis-Oyono. Mais lorsque Larrouquis commence à s'enrayer, Dessart trouve encore la mire, et maintient Nantes dans le match à la pause (37-29, MT). Les joueurs de Loire-Atlantique montrent qu'ils ne sont pas 6° pour rien, mais donnent leur maximum pour limiter les dégats face à la domination Limougeaude. L'ogre Freeman n'a pas droit de cité dans la raquette tandis que Kennedy et Almonte sont partout, et que Tucker alimente copieusement la marque. Même si l'écart est (pour l'instant) limité, on sent clairement que le moindre passage à vide des Nantais se paiera cash !

Au retour des vestiaires, le jeu Nantais a plus des allures de démonstration que de passage à vide... Deux actions de Pearson et Tutt, puis la faute d'Almonte provoquée par Freeman permettent aux visiteurs de revenir à portée de fusil, scellant un 11-0 à cheval sur les deux périodes (37-35, 22° min). Coach Cousin garde son mécontentement pour lui, et fait confiance à ses joueurs pour redresser la barre ; après tout, l'adresse ne peut pas rester tout le quart-temps à 100% d'un côté et 0% de l'autre ! Salmon initie ce redressement que Tucker poursuit ensuite (bien servi en contre attaque par Almonte) sans pour autant parvenir à distancer les Nantais, qui par une zone d'école brident bien l'attaque Limougeaude. En matière de défense, c'est malgré tout Limoges qui fait office de référence, et réaffirme rapidement ce statut. À cette occasion, Limoges relève nettement la tête, infligeant un 7-0 appréciable aux visiteurs, repoussés à nouveau aux 10 longueurs de retard (49-39, 26° min). Tucker prend une part importante dans ce retour, servant remarquablement Mekdad en contre-attaque puis Salmon à 3 points. Beaublanc est surchauffé (dans tous les sens du terme), et les arbitres usent et abusent de leurs sifflets, les deux équipes se montrant aussi maladroites l'une que l'autre aux lancers. C'est finalement Limoges qui tire son épingle du jeu dans la deuxième moitié du quart, qui confirme un peu plus l'emprise Limougeaude sur la rencontre (54-41, QT3).

Nantes tente ensuite de rééditer son début de troisième quart au quatrième. Un tir lointain de Tutt, un autre panier de Freeman... Il faut toute l'envergure de Kennedy (au contre sur les deux américains) et la lucidité de Larrouquis à 3 points pour contenir l'assaut Nantais. Deux paniers de Boutry plus tard, Limoges frappe à nouveau un grand coup (par un 9-0) pour définitivement tuer le match. Les ailes poussent, Larrouquis et Tucker font décoller Limoges vers une victoire facile. Kennedy complète le duo par sa classe près du cercle. Seul Pearson semble ne pas encore avoir abdiqué, mais ses efforts sont vains. À 2 minutes du terme, Gouez fait une entrée anecdotique sur le terrain, histoire de participer lui aussi à la fête. Si la conclusion pèche, l'envie est bien là, et les jambes aussi. D'un dunk bien amené par Larrouquis, il lance enfin l'ambiance, et c'est debout que Beaublanc suit la dernière minute de jeu. Limoges s'impose finalement 74-57.

Avec 17 points d'avance, Limoges termine ce soir sur son plus gros écart de l'ère Cousin, et se rassure après la désillusion de Poitiers. Nanterre ayant perdu à domicile en prolongation face à Châlons, Limoges gagne une place au classement, et avec désormais quatre longueurs d'avance sur le 9° a quasiment son billet en poche pour les play-offs.
Même en l'absence de Lukovski, Limoges nous a clairement régalé ce soir face une équipe Nantaise qui n'a pas démérité. L'arrivée de Kennedy y est certainement pour beaucoup, et on se demande vraiment quelle mouche a pu piquer les dirigeants Bisontins pour se séparer d'un tel joueur... Il entre certainement bien mieux dans les plans d'Olivier Cousin que ceux de Germain Castano son ancien coach, et on ne peut que s'en féliciter ! Aux côtés d'Almonte, il forme une raquette monstrueuse en attaque comme en défense (et ce n'est pas Freeman qui me contredira). Almonte tend un peu vers le stade Renaux, c'est à dire une influence sur le jeu qui ne se sent pas dans les stats. Même s'il ne marque « que » 6 points, il gobe 10 rebonds, et est tout simplement partout pendant les 23 minutes qu'il passe sur le terrain. La qualité de la raquette a également pour effet collatéral de libérer Tucker, enfin consacré à son poste naturel d'ailier où il fait des merveilles. L'américain signe un superbe 3/4 à 3 points et 21 points au final. À ses côtés, Larrouquis a également fait évoluer son jeu depuis le début de saison. Il peine à trouver la mire ce soir avec 1/7 à 3 points, mais force beaucoup moins son shoot.
On notera qu'Olivier Cousin a su exploiter au maximum son collectif, puisqu'à l'exception de Gouez, tout le monde a joué au minimum 14 minutes ; les rotations n'ont d'ailleurs eu qu'un impact limité sur la qualité du jeu, assez constante tout au long de la rencontre. La plus mauvaise évaluation Limougeaude est d'ailleurs de 3 (pour Gouez, qui s'avère donc très rentable en 1min 51), alors que 6 Nantais se voient affligés d'un zero pointé... Conformément à la stratégie habituelle du tacticien Limougeaud, Freeman et ses 20 points de moyenne a été cadenassé, et bouté systématiquement hors de la raquette. Il inscrit moitié moins de paniers qu'à son habitude.

Du beau jeu, une belle victoire avec la manière, je doute que l'on trouve un seul des 5000 supporters présents ce soir pour regretter sa soirée ! Tout ce que l'on espère, c'est que le déplacement de samedi sur le parquet d'Aix-Maurienne nous procure les mêmes émotions, et le même résultat au bout des 40 minutes !

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