Présaison CSP 2018/19

Début de crise !

Illustration

Suite à la défaite contre l'Olympiakos, des mots forts avaient été sortis par différents acteurs ("des attitudes pas superbes", "on va voir avec qui partir à la guerre"...).
On attendait donc beaucoup de ce match, non-seulement en terme de résultat mais surtout en terme d'attitude et de composition. Malheureusement, le CSP s'est incliné 58 à 54, mais le malaise de ce dimanche soir est plus profond... Analyse.

QT1 : Westermann, Payne, Boungou Colo, Daniels, Traore

Coach Hervé avait donc parlé de guerriers et il était intéressant de voir le 5 qu'il allait constituer. En première surprise, c'est Schaffartzik qui laisse sa place à Payne (pour une fois sur un poste qui lui convient !). Daniels, pourtant peu en vue depuis son arrivée, conserve sa place.

La première chose qui saute aux yeux est la volonté de se passer la balle un maximum (parfois même un peu trop, mais il vaut mieux ça que l'inverse). Avec en plus une très bonne défense, le CSP mène 7-2 en essayant de chercher le plus possible l'intérieur (avec Traore ou Westermann en post up).

Mais Nancy joue grand (Sy, Panko, Pietrus, Falker) et le CSP prend l'eau au rebond. Et après un premier mois monstrueux, c'est NBC qui retombe dans ses vieux travers et semble pâtir des problèmes internes.
Bilan, un petit 11-13 pour le CSP au bout de 10 minutes.

Et là, surprise au rang des guerriers, Gatens part au front pendant que Wojcie ronge son frein et que Culpepper est... puni.

QT2 : Schaffartzik, Gatens, Westermann, Diawara, Zerbo

Hervé voulait des guerriers et a donc considéré que Gatens avait le comportement souhaité. Et pour la première fois, il a pris des responsabilités dès son entrée en jeu avec un joli 2/3 à 3 points en 3 minutes, pour un premier break du CSP 19 à 11.
Sauf que la paire Curry / Pietrus pose de gros problèmes à la paire Schaffartzik / Traore, Gatens enchaine rapidement une 3ème faute, Diawara rate un premier 3 points sur une passe empoisonnée de Westermann et... Nancy revient à égalité.

Malgré l'impression que seul Traore doit avoir les systèmes (avec une grosse première mi temps), le CSP garde néanmoins toujours la tête jusqu'à... jusqu'à... jusqu'à ce que le CSP décide de jouer sans rebond. De 13 rebonds à 10 pour Nancy, le CSP en laissera échapper 7 pour finir à 20-10, permettant à Nancy de mener 31 à 29 à la pause.

Limoges joue à un niveau "correct" de ProA (j'ai dit ProA donc pas championnat turc, Euroleague ou Eurocup ok ?) contre une équipe qui est revenue à son vrai niveau (j'étais au match Orléans - Nancy et ce n'était pas le même niveau). Sauf que, comme souvent depuis le début de la saison, le CSP ne maitrise pas le rebond. Pour vous dire, c'est Traore qui a pris 60% des rebonds de l'équipe ! Et quand on voit qu'il reste les pieds collés au sol pour finalement en laisser s'échapper une partie...

QT3 : Westermann, Payne, Boungou Colo, Diawara, Traore

Suite des guerriers, c'est Diawara qui débute déjà au poste 4. Vu la première mi temps de Daniels (d'ailleurs, je suis persuadé que ni Pietrus, ni Falker ne l'ont vu sur le terrain), on se dit que, enfin, il va être mis devant le fait accompli.

Malheureusement, si Diawara fait déjà 10 fois plus en terme d'intensité que Daniels, le jeu du CSP est grippé. NBC est toujours autant dans le dur, Westermann est en souffrance sur ce match et c'est le jeune Sene qui lui met la misère et fait un quart temps de feu. 47 à 42, le déficit de 5 points à 10 minutes de la fin est un demi-miracle, mais c'est surtout un leurre !

QT4 : Schaffartzik, Gatens, Payne, Diawara, Daniels

Coach Hervé décide de jouer small ball, relance Daniels au poste 5 qui débute par... une balle perdue.
Donc même si Zerbo avait pas mal souffert en début de match, on connait chez lui sa volonté et sa hargne (non pas que Daniels n'en ait pas, mais on ne l'a pas encore vu !). Si le CSP reste dans le match, la sortie de Diawara n'a pas forcément déséquilibré le jeu d'attaque mais a complètement tué le rebond : 4 possessions consécutives pour Nancy. Vous l'avez deviné, il est impossible de gagner dans ces conditions.
Et en toute logique, Limoges s'incline 58 à 54.

On a aimé

J'aurais pu laisser cette section vide, mais je vais faire un effort...

Diawara

Depuis mercredi, ce gars a enchainé Miami - Paris - Limoges - Poitiers - Paris - Athènes - Paris - Limoges - Nancy avec un décalage horaire et une impossibilité de s'entrainer avec ses coéquipiers. Eh bien au moins, il allie une envie de malade, une défense, une présence athlétique phénoménale, 7 rebonds en 21 minutes jusqu'à ce que son capot commence enfin logiquement à fumer. Il peut (et va) apporter.

Le début de match

On a senti un CSP appliqué en début de match, voulant prendre le temps de trouver le bon joueur à la bonne place. Après les mots suite à la défaite en Grèce, ces premières minutes étaient importantes.

Gatens

Pour la première fois, il a pris ses responsabilités et s'est battu. Alors certes, il manque de rythme mais avec cette attitude et des minutes, il pourrait apporter surtout si... (suite au prochain paragraphe)

On n'a pas aimé

Les non-dits

Oui, car il y a des non-dits. Revenons sur la fin du paragraphe précédent : "surtout si..." Culpepper ne joue plus. Puni par Philippe Hervé pour son individualisme au Pirée, ce dernier semble en marge de l'équipe (non vu lors des temps-morts). Il y a un malaise avec ce joueur et il serait bon de régler les choses rapidement car les problèmes internes se paient au niveau comptable...

Les rebonds

Alors, je rappelle aux Limougeauds qu'aucune règle n'indique qu'il faut laisser entre 2 4 chances à son adversaire. Même la LNB n'a pas osé l'écrire, mais le CSP l'a fait. La blessure de Camara n'a pas été compensée et on aurait eu besoin d'un grand 4-5 surtout en voyant ce que fait Daniels (1 rebond en 18 minutes, même Batista c'est Mutombo à côté). Pourquoi Zerbo n'a plus joué ? Bref, cette prestation au rebond est inadmissible.

Le recrutement

On a toujours dit que le travail payait. Et bien, quand on ne recrute pas et que l'on ne peut pas travailler... ça se voit. La gestion du recrutement a été (est ?) indigne d'un club professionnel. L'obligation de composer avec des bouts de ficelle a de malheureuses répercussions. Des joueurs cramés (NBC est méconnaissable), des attitudes anormales, des joueurs agacés ("Il y a plein de petites conneries extérieures au basket qui nous arrivent, il va falloir qu'on les règle" par Ali Traore et il a bien raison), une impossibilité de travailler.
Très clairement, c'est du foutage de gueule (désolé du terme). Alors l'équipe dirigeante pourra râler, parler, faire de beaux discours. Il se trouve que l'on est clairement mal sur le terrain (un peu) et en dehors (beaucoup). Et tout ceci n'est que la conséquence de la gestion hors terrain. Honnêtement, je plains énormément Philippe Hervé. Énormément.

La réaction de Culpepper

Non concerné lors des temps morts, il se permet de réagir sur Twitter en indiquant "Je ne sais pas ce que le coach veut prouver en ne me faisant pas jouer, mais ça nous coûte le match". Tout est donc dit sur le type de joueur qu'il est. Un compétiteur, oui c'est vrai mais surtout un comportement pas à la hauteur de sa détente... comme le prouve ce tweet puéril, voire indigne.

J'ai pas supporté

Nouvelle rubrique, mais je ne pouvais pas faire autrement !

Makan Dioumassi

Alors j'avais du mal avec Johann Passave-Ducteil en consultant sur MCS mais Dioumassi, il est bionique et vient d'une autre planète. Incroyable de mauvaise foi : "pas de chance, Falker a pris la faute", "pas du tout d'accord avec la faute de Nancy" alors que l'on voit clairement la faute au ralenti, puis "bien joué Flo" alors que NBC a perdu la balle quasi tout seul. Bref, on a atteint le sommet. Désolé, j'ai coupé le son en seconde mi-temps.
Edit (Youff) : dommage, bonato_2000 a raté la conclusion "On n'était pas supporters de Nancy mais bon, on est quand même super contents !!"

Et maintenant

Maintenant, que voulez-vous qu'il se passe ? Le mal est profond et surtout il est ancré car causé par un fort déséquilibre récurrent et durable. Encore une fois, la non-gestion de tout un tas de choses amène où on en est. Il est urgent de régler ça, de prendre des décisions rapides et surtout d'écouter tous les acteurs - et de les entendre (on est d'accord, écouter et entendre c'est pas pareil).
Nous venons de marquer à peine 100 points en 2 matchs, quelle tristesse.
Et sachant que l'on va jouer Milan au Palio, c'est pas jeudi que l'on va dépasser les 150 avec ce fond de jeu !

Bref, maintenant, c'est Milan : une défaite et on pourra se concentrer sur le championnat car l'élimination sera en bonne voie. Et finalement, on se dit que c'est peut être ce que le club voulait vu, encore une fois, sa gestion catastrophique des derniers mois, que l'on paye maintenant et que l'on va encore payer pendant au moins 1 mois, voire jusqu'à la trêve.
Alors aux VRAIS joueurs et au staff de relever la tête. On est avec vous, les vrais joueurs et le staff. Des mauvais moments, on en a vu à Limoges et on s'en est toujours sorti à un moment ou un autre. Les lendemains n'en seront que plus beaux.

(Car oui, j'ai préféré finir sur une note positive !)

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