Victoire 75-73 et quelle fin de match

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Bien que nous respectons totalement Le Mans, nous n'étions pas à nous en faire pour eux malgré leur série de quatre défaites (ProA + Eurocup) mais en revanche on commençait sérieusement à nous faire du souci pour le CSP empêtré dans un collectif approximatif, un effectif instable et un coaching parfois douteux. Après le sursaut d'orgueil qui a vu les joueurs "qui en ont" prendre le match en main et refuser la défaite que leur tendait leur coach, on est rassuré sur l'effectif, certes déséquilibré car mal construit, mais pétri de talent. En revanche on continue à douter du collectif et donc de son principal dépositaire… M. Girard ! Récit d'un match qui aurait pu finir comme celui de Roanne.

On est chaud, on y croit, après tout, Le Mans n'arrive pas à décoller même si sur le papier l'équipe était taillée pour l'Euroleague (enfin le 1er tour comme c'est devenu la tradition pour les clubs français). Le Havre, Chalon et Paris en sont venus à bout, il n'y a pas de raison de ne pas y arriver… en plus Banks a l'air chaud-patate à l'échauffement et le CSP est au complet donc plus d'excuses en bois genre untel est barbouillé ou truc n'a pas encore reçu son canapé alors il ne se sent pas bien.

QT1 20-20 – Round d'observation
Le cinq limougeaud : Wright, Banks, Desroses, Guinn et Massie
Le cinq manceau : Diot, Acker, Koffi, Dewar, Batista

La rencontre débute donc… en se mangeant un dunk de Koffi ! Bon, ça va être long ce soir se dit-on dans les travées de Beaublanc, mais Raph Desroses (que l'on soupçonne fortement d'avoir subtilisé non pas les effets personnels des joueurs de l'Asvel dans les vestiaires de Vichy -HS, mais carton rouge aux auvergnats pour l'organisation niveau promo département un dimanche matin à Jean le Bail- mais la cape de SupaMomo depuis qu'il est de retour en ProA)… Raph Desroses donc, rend la politesse aux invités du jour et rassure un peu son monde. Les hommes en gris commencent à se faire remarquer (il faudra prévenir que Massie est un All Star en puissance et qu'il a droit à un peu de respect !) mais ce qui nous intéresse c'est le premier 3pts de Banks dès la 2e minute ! Un peu de confiance ne peut pas lui faire de mal. On se rend politesse pour politesse et les croqueurs limougeauds ne parviennent pas à creuser un écart que quelques systèmes auraient pu créer… mais la principale tactique semble être "on donne la balle aux américains et leur talent fait le reste !" Pas de bol, des ricains il y en a quatre et les arrières mangent du ballon comme Ronny Turiaf des dunks dans le pif en ce moment (cf les derniers Top10 NBA que je vous recommande). Alors Desroses assure à 3pts mais de son côté Alex ACKER ramène les siens à hauteur l'air de rien. Massie prend alors les choses en main et fait jouer ses partenaires : caviar pour Wright, écran pour Guinn… tout y passe sans compter les multiples fixations qu'il créé. C'est beau à voir mais JD Jackson prend quand même un temps mort parce qu'à 18-11 il serait temps que les oranges lâchent le pop corn et jouent un peu au basket ! 3pts de Charles Lombahe-Kahudi (CLK pour la suite), ou comment rentabiliser un temps-mort (message subliminal…). Massie se fait méchamment contrer par Rupert et derrière ça Limoges ne parvient pas à gérer sa courte avance. Biggs et Wright vendangent de loin alors que CLK et Acker trouvent la mire. Heureusement que Massie fait le taf (dommage qu'on ne le serve pas plus) ce qui permet de rester pile-poil à hauteur des visiteurs au buzzer même si on aurait aimé voir son LF rentrer.

QT2 34-34 – Ne me quitte pas…
Le coach manceau a dû demander à ses hommes de resserrer la défense puisqu'ils prennent deux fautes coup sur coup en verrouillant leur secteur intérieur. De l'autre côté du terrain, le vieux briscard et ex-cercliste Thierry Rupert nous crucifie par deux fois alors que Souchu s'auto-contre et que D'Almeida ramasse les défenseurs en retard en pleine poire en essayant de remonter. 23-26 après un 1/2 aux LF du meneur JFL. Biggs enchaine avec un 3pts égalisateur qui fait du bien puis Showtime entre Weis et Desroses histoire de mettre un peu d'ambiance dans la salle ! Rupert douche tout le monde et deux pertes de balles finissent de climatiser le tout (comme si on avait besoin de ça en Limousin !) et Eric Girard convoque enfin ses ouailles pour un sermon. Si j'étais mauvaise langue je dirais que pour une action post temps-mort un shoot casse-croûte de Weis au buzzer des 24 est une issue catastrophique mais comme je suis plutôt clément, je dirai que Limoges n'a pas eu de chance et que la défense mancelle est remarquable (j'suis crédible là ?!). Le MSB continue son pressing et a bien compris qu'il fallait couper Massie du jeu s'il voulait s'en sortir… et ça marche ! Batista enchaîne en transition puis à mi distance et donne une légère avance aux siens 30-34. Biggs sur LF puis Wright en drive sur un exploit individuel (NDLR : il va falloir mettre cette fin de phrase en copié/collé pour le reste de la saison) permettent une nouvelle fois au CSP de faire illusion en rentrant aux vestiaires sur un score de parité. Offensivement Limoges repose en tout premier lieu sur le solide travail de Massie qu'il soit direct ou en mettant ses partenaires en valeur (quel précieux joueur !) mais pour le reste on retombe dans les travers du shoot à 3pts… quand ça rentre c'est bien mais on a vu à Roanne ou contre Poitiers que ça restait aléatoire. La dernière option offensive étant le talent créatif de Zack Wright et donc le fameux système "on donne la balle à Zack !" (amis spectateurs essayez de repérer le code utilisé par le meneur pour la mise en place !). Défensivement c'est un peu plus carré (on vise le Top 4 défensif c'est le coach qui l'a dit !) même si en face ça joue… bizarrement quand on limite les switches 1-5 ça aide ! Comme disait l'illustre Boja "Bonne défense… pas changer !" Alors oui c'est un peu Tarzan dans le texte mais quand Boja parle on se tait et on exécute !

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QT3 50-45 On creuse l'écart mais les écarts de conduite défensifs le réduisent
On reprend avec une minute stérile entre défense rugueuse et hourra basket des deux côtés. Koffi met fin à la fête bien servi seul sous le cercle. Guinn prend alors les choses en main en enchainant 2pts puis une passe en mettant Massie sur orbite. Banks marque (enfin) de dessous et Guinn continue de faire enfler sa ligne de stats. 42-36 Limoges fait plaisir et réalise un bon début de QT3 alors que c'était jusque là son pêché mignon. On se rend coup pour coup et l'affrontement dévie alors sur la ligne de lancers-francs. 45-40 à la faveur du manque d'adresse des blancs et noirs. Wright et Biggs (qui réalise un bon match et rassure sur son choix, il n'y a pas photo avec Bennett) creusent l'écart sur deux beaux paniers et on se prend à rêver d'un +8 à quelques secondes du buzzer… mais justement la défense rêve un peu trop et Le Mans reste à 2 possessions du CSP à l'aube du dernier QT.

QT4 62-62 - Vous en voulez encore ?
Limoges reprend sur deux cafouillages offensifs suivis d'une faute sur Ruppert qui continue son travail discret mais efficace (12pts 8rbds au final, pas mal pour un vétéran). Biggs est on fire : nouveau 3pts (il fera un joli 5/9 ce soir dans cet exercice) qui garde Limoges à flots malgré les efforts des manceaux emmenés par Koffi et Acker bien décidés à sortir de la spirale de défaites. 53-51 et temps mort pour éviter le hold up alors que la partie aurait pu être maitrisée dès la fin du QT3. Biggs de très loin redonne de l'air mais Diot remet le couvercle de la cocotte instantanément puis Acker y va de sa flèche… et sinon on a prévu de sortir à 6m75 ou pas ?! La tension monte. Le CSP qui voit que ça peut passer s'applique à jouer sur Massie qui provoque de nombreuses fautes… et les arbitres en sifflent même quelques unes ! Malgré tout Beaublanc gronde (Ici c'est Limoges !) car les hommes en gris en oublient quand même pas mal mais ne manquent pas d'envoyer les visiteurs sur la ligne ce qui leur permet petit à petit de revenir à 2 petits points de leurs hôtes 58-56 avec un peu plus de 2min à jouer. Les deux équipes veulent assurer de dessous et on assiste à un beau duel Massie/Batista entre paniers et rebonds on peut vous dire que ça envoie des coudes et de la viande sous les paniers ! Sur une faute de Diot, Wright offre 4pts d'avance au CSP à 27 secondes du buzzer. On fait chauffer les ardoises et logiquement Guinn fait faute sur Batista qui grâce à un impeccable 2/2 ramène les siens à un panier. Temps-mort avec possession au CSP et 20sec au chrono. Alors on sait tous ce qu'il faut faire : on donne la balle à un gars habile aux LF puisqu'il va se faire casser les bras dès la remise ! Eric GIRARD choisit Zack WRIGHT. Pas con, après tout si le feu follet évite la première mandale il peut même gagner quelques précieuses secondes avant la 2e mandale de par sa vitesse de dribble (moi j'aurais choisi Guinn… moins évident pour la défense, ben oui Wright on s'y attend, mais une putain de machine à LF ! 100% à Limoges et un bon gros 89% l'an dernier). 1 seconde plus tard et un pied de Wright en touche plus tard re-temps-mort balle de match au MSB… là la clim devient nécessaire dans Beaublanc ! Le Mans parvient à faire un truc de dingue en ProA : UNE PASSE SUR REMISE EN JEU (oui madame !) et… échoue à 3pts (ouf !) mais Batista remet la balle dans l'arceau et tout est à refaire avec seulement 6/10e de seconde au tableau d'affichage. Au passage on admirera l'agressivité du coaching de JD Jackson qui a demandé à ses joueurs de jouer la gagne plutôt que d'assurer la prolongation. Les nouvelles règles FIBA sont claires… à moins d'une seconde aucune possession du ballon ne peut être effectuée seule une claquette est tolérée, ce sera donc alley-hoop ou prolongation. Ai-je besoin d'en dire plus ?!

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OverTime : 75-73 It's all Wright !
Limoges entame de la pire des façons les 5 minutes supplémentaires : 24 secondes suivi d'un and-one de Batista. Pan ! -3 en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Massie et Biggs remettent de l'ordre et Limoges reprend la main 66-65. Batista et Massie continuent de s'en mettre plein la gueule mais entre fautes et LF le score reste proche jusqu'à ce que Biggs ne conclue avec succès un cafouillage par un énième 3pts tiré depuis l'entrée du tunnel des vestiaires… 71-69… Beaublanc veut y croire surtout que Guinn assure aux LF (tiens tiens…) 73-69 et turnover du Mans. A ce moment là on se dit qu'on ne peut plus perdre… une minute à jouer, possession, 4pts d'avance… mais Biggs en fait un peu trop et allume un pétard mouillé à 3pts (en même temps si c'était rentré il devenait l'homme providentiel) ce qui permet à Acker de redonner espoir aux manceaux. 73-71 et 17 secondes au panneau (si ça vous rappelle quelque chose c'est normal). Alors, on se dit qu'on va écouter Tonton-Pointguard et donner la balle à Guinn… et… et… on la donne à Wright qui prend la mandale et qui nous pond un sublime 0/2 aux lancers dont un airball SVP ! Temps mort avec possession au Mans. Coaching serein, extrait : "Putain Zack tu fais chier ! Putain Zack tu fais chier ! Allez les gars, on le prend pas !"… Bon, on le prend et Diot se dit tout fier qu'il a sauvé les fesses de son club ce soir en lui offrant le 2e overtime… sauf qu'il aurait mieux fait de chercher Wright sur qui il était censé défendre… Et le bon Zack a fait du Zack WRIGHT… coast to coast et j'te plante un layup au buzzer ! Ou comment passer en 30 secondes du statut de croqueur ultime incapable de gérer les lancers de la gagne à sauveur inespéré qui remonte le CSP aux portes de la Semaine des As en une action !

Qu'elle est bonne cette victoire, qu'elle fait du bien et qu'elle compense la déconvenue de Vichy par exemple (qui se morfond bien au fond du classement d'ailleurs). Mais qu'elle repose sur des choses fragiles : Limoges est totalement dépendant du talent de Massie qui fait la pluie et le beau temps sous les paniers (14pts 15rbds et 4pds ce soir !!!) et de Zack WRIGHT en pleine confiance qui compense son côté croqueur par de la réussite de clutch dans les moments chauds. Le second élément instable qui aide bien ce soir c'est l'adresse de loin (7/25… sans être fameux c'est mieux que le 4/16 manceau mais ça reste gourmand) mais on sait ce que ça donne quand ça ne rentre pas. Ce qui inquiète c'est le coaching ! Des choix pour le moins surprenants à des moments où ça paraît tout cuit (c'est les adversaires qu'il faut surprendre, pas ses propres joueurs ou le public !), des rotations curieuses en sortant des joueurs en pleine bourre pour mettre des gars dans le doute (on veut bien être patient mais si Banks chie dans la colle qu'il reste sur le banc et vu ce qu'on le paye… qu'il commence à s'inquiéter !) Quand on voit un Desroses qui assure depuis le début de la saison on ne comprend pas pourquoi il joue si peu en seconde période ? Enfin, on ne voit toujours pas émerger de fond de jeu cohérent sur lequel se reposer quand l'adresse est en panne. Si "on donne la balle à Chris" ou "on donne la balle à Zack" sont les principales options il y a fort à parier qu'un coach adverse va finir par trouver l'option "on bloque Wright et Massie" (ou qu'une blessure s'en chargera)… et là… on perdra même à Vichy ! (Quoi ?! c'est déjà fait, ah pardon !). Entre la défense douteuse en place en début de saison et le manque d'inspiration dans les systèmes on se demande si M. Girard n'est pas le coach le plus surcôté de ProA avec un palmarès fortement lié aux effectifs à sa disposition à l'époque et le fameux système "on donne la balle à Ricardo" repris avec succès par Monschau depuis. Si on ajoute à cela les diverses sorties médiatiques mettant en cause ses joueurs quand ça tourne au vinaigre… on n'est pas loin d'avoir soulevé des questions qui dérangent plein de gens mais qui méritent d'être posées.

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Quand on voit la densité de la ProA, par densité comprenez "niveau de merde" où n'importe quel mal classé peut taper le 1er d'un weekend à l'autre et où les européens n'arrivent pas à gérer deux rencontres par semaine*, on se dit que se maintenir sera à peu près aussi difficile que de faire les playoffs et que les deux situations se joueront à peu de choses. Dans ce contexte, et au vu de notre effectif plutôt riche et talentueux (ça va avec les moyens qu'on y a mis) on pourrait espérer qu'avec le "privilège" de ne jouer qu'une fois par semaine on serait en en droit de faire des coups comme à Roanne où c'était tout cuit… mais on pêche de peu par manque de sérieux et de collectif huilé ! Alors au lieu de nous cacher derrière notre petit doigt, derrière l'intégration d'untel ou le mal-être d'un autre demandons à notre équipe (dirigeants/techniciens/joueurs) de prendre August par les cornes et de nous amener des résultats qui font plaisir avec la manière plutôt que des hold-ups qui n'augurent d'aucune promesse future. Attention, nous ne sommes pas d'éternels insatisfaits mais l'équipe actuellement, même si elle relève la tête au classement, ne joue pas sereinement sur des bases collectives solides et la gestion "patate chaude" des derniers money-times est révélatrice de cet état de faits. Alors une fois ça tombe dans notre poche une autre fois chez l'adversaire… mais avec du sérieux et de la sérénité il n'y aurait pas de mystère et on aurait les poches pleines ! En l'état, la semaine des As va ressembler à un truc de dingues : Roanne, Gravelines, Chalon, Cholet, Le Havre, Nancy, Hyères-Toulon et… Pau ! (dont la participation est due à son statut d'organisateur). Ces équipes méritent certes leur place mais ce qui choque c'est l'absence des grands noms ASVEL, Orléans, Le Mans… qui nous ont représenté en Euroleague ces dernières années… y'a plus d'respect !

* Pour info le haut niveau européen ça donne la vidéo ci-dessous et perso, je trouve qu'elle n'a RIEN à envier à un Top10 NBA blindé de marchés et de fautes non-sifflées sur des joueurs surprotégés (et "oui", le N°1 est français mais quelle belle exception !!!). Quand on sait qu'en plus le reste du match ça défend comme des chiens et que ça balance du système à tout va... on en saliverait presque !

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