Quand parquet rime avec déchet...

C'est dans un Beaublanc bien garni et devant Jean Dujardin que Limoges a difficilement battu une faible équipe de Besançon ce soir sur le score de 69 à 61.

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Pour le contexte d'avant match, nous recevions une équipe bisontine aux mêmes stats offensives et défensives que le cSp (76 pt marqués/75 encaissés en moyenne par match), un peu plus malhabile à 3 points (30,7% contre un faible 33,5% à Limoges). Mais, nous recevions surtout une équipe qui n'était rentrée victorieuse qu'une seule fois cette saison de ses déplacements. Les joueurs à surveiller étaient ce soir Waleskowski( 15,7 points et 8,3 rebonds) et Johnson (18,1 pts et 4 rebonds).

Le thème de la soirée était l'Eco-citoyenneté et vous serez heureux de savoir que le Limoges cSp est le premier club professionnel français toute discipline confondu à être Eco-responsable. En d'autres temps, on disait qu'il était premier club français toute sport confondu à être champion d'Europe. Il va falloir s'y faire, ce temps est très très lointain et n'est pas près de revenir...

QT 1: Le déchet

Effectivement, nous ne savions pas qu'en nous distribuant des plaquettes sur le tri des déchets à la maison, "Limoges Métropole" et "Eco Emballages" allaient nous donner le programme de la soirée.
Fiers de ce nouveau titre, les joueurs limougeauds ont accompagné la jolie démarche en nous gratifiant d'un florilège de passes ratées et de tirs manqués. Néanmoins, le spectacle des premières minutes n'est pas désagréable et le rythme imprimé par l'équipe doubiste est très soutenu. Après 2 minutes, Besançon mène 4-0 après diverses tentatives des deux côtés. C'est 15 secondes plus tard que Robinson (31 min, 9 pts, 5 rebonds et 8 d'éval.) marquera son premier et seul tir à trois points de la soirée.
En jouant assez mal et péchant assez largement dans la finition, le cSp parvient à reprendre l'avantage et même à mener de 5 points à la fin de ce premier acte pauvre en efficacité. (22-14 après 10 minutes)

QT2: L'ennui

On pense le match parti, tout en ne se leurrant pas sur l'intensité qui allait forcément baisser. Limoges marque le premier panier et porte la marque à 24-12 puis s'éteint complètement. Le compteur local restera bloqué à 24 pendant près de 6 minutes pendant lesquelles les visiteurs inscriront 13 points. De mémoire de supporters, dont certains viennent à Beaublanc depuis des lustres, on n'avait pas compté autant de bâillements durant ce laps de temps. Limoges attaque, perd la balle, se prend un panier en contre... Cousin prend un temps mort, casse son ardoise sur le sol et ça repart... Limoges attaque, perd la balle et se reprend un contre. Vous ajoutez à cela une petite pincée de coups de sifflets abusifs des deux côtés notamment au niveau des fautes offensives et marchés divers. Votre recette est prête: Une bonne vieille bouillie de Basket qui mijote dans le fond du "Chaudron".
Un supporter âgé dit "Hé ben, c'est pas gagné d'abord!". Il a raison, on craint alors un nouveau revers à domicile. Gouez réveillera la dame à la table de marque et lui fera actionner le bouton limougeaud. Le score est alors de 26-27.
A 26-33, Beaublanc siffle son équipe à défaut de gêner les attaques bisontines par passivité.
Le cSp est loin de ses pages glorieuses mais Beaublanc l'est tout autant. Il ya encore deux ans, on voyait des équipes de Nationale 1 quasi-inoffensives se faire huer en rendant toute attaque impossible tant la bronca était forte et depuis, on laisse dérouler Besançon (un des principaux favoris à la montée en Pro A en début de saison) comme s'ils étaient à la maison.
On tombe alors dans le burlesque: Lukovski tombe sur un contre de son équipe dans son propre camp, il ceinture un joueur bisontin dans sa chute (Chabal n'aurait pas fait mieux). Le pauvre plaqué tente de se dépêtrer en s'essuyant les semelles sur notre meneur serbe et se prend une anti-sportive... dont les lancers ne seront pas tirés par luko lui-même, les arbitres en ayant décidé autrement en désignant Oyono... Cousin explose et prend en témoin la table de marque qui ne réagit pas. Oyono marquera ses deux lancers pour l'anecdote et portera la marque à 27-33 (17'30). On croit alors à un sursaut limougeaud sur la possession suivante mais rien n'y fait, la réussite n'est toujours pas au rendez vous, tout comme la présence au rebond. Ce quart temps se terminera sur le score de 31 à 40 après un très beau panier d'Eric Schmieder. (très en verve ce soir avec une évaluation 18 en 38 minutes)
Beaublanc gronde mollement, résigné.

QT3: Le réveil limougeaud

Le discours d'olivier Cousin semble porter ses fruits et Limoges entame la deuxième mi-temps sur un panier à 3 points (34-40 puis 36-40). Alors que Schmeider ajoute 2 points à son équipe, Aurélien Salmon rentre et marque par deux fois à longue distance, tirs qui permettront à Beaublanc de se réveiller et surtout au cSp de recoller au score (42-42). limoges rejoue enfin mais cela durera-t-il? A 6'35 du terme de ce QT, Luko porte la marque à 46-42 sur lancers francs. Almonte a le sourire et tape dans les mains. Ce sera de courte durée car Besançon repasse en tête (46-47 26'26). Deux ou trois exploits plus tard, et quelques magnifiques bouses, les limougeauds termineront ce 3ème acte en tête 53 à 48, infligeant un 22-8 aux bisontins, c'est indéniablement le tournant du match.

QT4: La bouillie des grands soirs

Ce quart temps fut laborieux et nous pouvons remercier les bisontins pour leur maladresse sans laquelle nous nous serions à nouveau incliné ce soir. Le spectacle est pauvre et les locaux arrivent à laisser leurs adversaires à 6 longueurs tant bien que mal. Le cSp l'emporte donc définitivement et sans réellement trembler sur un panier de Tucker à 20 secondes de la fin (69-61).

Alors que retenir de ce match? Certains diront que seule la victoire compte, mais est-ce vraiment cela l'important? Le Limoges cSp de ce soir, et plus généralement de cette saison, n'est pas celui que l'on veut voir évoluer. 1200 personnes n'ont pas pris leur abonnement pour voir une pareille déconfiture et il paraît clair que sans Almonte cette équipe n'a que très peu d'âme. Je plaints Olivier Cousin dont je salue le coaching car il a réussi à museler les deux meilleurs marqueurs de Besançon cités en début d'article: Walekowski (seulement 7 points ce soir en 16'15 et -2 dévaluation) et Johnson (5 points en 33'15 pour une évaluation de +1). Le mal est ailleurs, il vient des joueurs.
Ces gars-là ne font pas le travail à fond. Je suis étonné de voir les gens acclamer cette bande de rigolos après le coup de sifflet final. Beaublanc a perdu de sa splendeur cette saison et se contente de peu. L'Ere Forte l'a bien endormi et ça ne semble pas prêt de s'arranger, pauvre de nous.

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