Quand l'inéluctable arrive

Au vu du niveau de jeu proposé à l'heure actuelle par le CSP, on savait que la prouesse réalisée l'année dernière ne serait pas rééditée. Après plus de 2 ans, Limoges est tombé à domicile, et c'est à Aix-Maurienne que revient l'honneur de détrôner Longwy. Ce soir, le CSP a semblé bien malade. Comme si sa Latimorectomie s'était infectée. Et ce n'est pas sa béquille en papier, Burnett, qui risquait de l'aider à se tenir droit. Ce soir, Limoges a les idées en accord avec son maillot, noires. Première défaite à domicile : 71-79.

On savait que le contrecoup de Vichy risquait de se faire sentir. Dans la tête des joueurs comme dans celles des supporters. Dès la présentation des équipes, on a d'ailleurs pu entendre quelques sifflets destinés à Bucknor et Forté. Le match a pourtant plutôt bien commencé. Bucknor a d'entrée noyé dans l'oeuf une tentative de contre-attaque Aixoise, et Dubos a mis moins d'une minute à faire ce qui avait pris 14 minutes samedi dernier : marquer un panier. Thévenon mène bien son équipe, Gouez est très vif sous l'arceau, Bucknor tient son rang théorique... Limoges prend les devants d'entrée (8-3, 5° min, puis 13-7, 7° min). La machine commence alors à s'enrayer. Miguel met la pression de loin, Gouez prend sa deuxième faute et va s'asseoir, Thévenon est dans l'impossibilité de faire sa remise en jeu et prend lui aussi sa deuxième faute. Les savoyards ne se font pas prier pour recoller (16-15, 9° min). Un ultime panier de Lazare clôt la première période, 20-17. Burnett, Thévenon, Bucknor et Gouez ont déjà chacun deux fautes, à ce rythme là il sera dur de finir le match, et les Aixois n'ont pas besoin de se voir offrir autant de lancers francs.

La défense cercliste semble alors sous-estimer le danger Darnauzan, et lui offre suffisamment d'espace pour inscrire 7 points en 2 minutes. Le travail de Lazare, à la finition hasardeuse ou à la passe, permet difficilement aux deux équipes de rester au coudes à coudes (25-24, 13° min). Un temps mort demandé par le coach limougeaud redonne un petit souffle d'air à son équipe. Darnauzan est mieux tenu, Lazare vient jouer les anguilles dans la raquette, Wampfler fait parler sa défense (32-29, 17° min). Mc Clark réagit immédiatement, va provoquer deux fautes de Renaux, et tente d'énerver Dubos tandis que son compatriote Jenkins utilise un ballon perdu de Storozynski pour égaliser. Renaux s'illustre en fin de période, d'abord par une interception convertie, puis par une faute qui permet à Darnauzan d'achever la mi-temps sur un score de parité, 34-34. Après 20 minutes de jeu, tout reste à faire ! Quelques sifflets accompagnent encore les cerclistes vers les vestiaires. Sur cette première mi-temps, Lazare s'est montré tout à fait honorable face à l'un des meilleurs meneurs de la division, Darnauzan, tandis que Thévenon a rapidement été handicapé par les fautes. Gouez a proposé une bonne entame, et Wampfler a montré une nouvelle fois qu'il était l'un des meilleurs cerclistes.

Limoges revient plein de bonnes intentions, à l'image d'un Gouez présent au four et au moulin, marqueur et contreur. Ragauskas réalise lui aussi un bon passage, et la défense de zone proposée par les noirs donne bien du mal aux savoyard (43-36, 23° min). La machine s'enraye alors de nouveau, pour de bon cette fois. Deux temps morts de Forté ne parviendront pas à la relancer. Darnauzan et Jenkins se régalent, tandis que le malheureux Burnett semble ne pas savoir quoi faire de son ballon. L'envie semble là, pas les moyens. Limoges va capter des rebonds offensifs précieux, pour mieux les gaspiller ensuite. Il faudra attendre 6 minutes pour que Lazare ne recommence à jouer et relance le compteur aux lancers francs. 6 minutes, le temps d'encaisser un 15-0 (45-51, 29° min). Les américains d'Aix tiennent bien la baraque, et contiennent les assauts de Dubos et Lazare qui obtiennent les fautes en plus de faire trembler les filets. Gaillou creuse l'écart en fin de période. Il reste 10 minutes à jouer, et 7 points à rattraper (51-58, 30° min). Mission impossible si des trous béants continuent à être offerts aux visiteurs, si les cerclistes continuent de bafouiller leur basket et ne retrouvent pas rapidement un semblant de collectif.

Hélas, on ne change pas une équipe qui... Les visiteurs enfilent les tirs primés comme des perles, tandis que les noirs sont à la peine. L'écart se creuse rapidement, l'ambiance tombe, même Beaublanc n'y crois plus. La barre des 15 points est atteinte (54-69, 33° min). Après une passe dans les tribunes de Wampfler, Forté prend le temps mort de la dernière chance. S'il doit y avoir un miracle, c'est maintenant ! Et ce qui ne devait plus vraiment arriver arriva quand même ! Après un nouveau panier de Mc Clark (56-71, 34° min), Limoges recommence à jouer au basket. Storozynski allume la mèche de loin, Dubos fait le métier proprement, en contre attaque ou en allant chercher les fautes, Thévenon l'imite, bien aidé par Storozynski. Parallèlement à cette attaque retrouvée, la défense de zone tient bien, Beaublanc se réveille et pèse de tout son poids sur les possessions adverses. Et l'addition des trois facteurs permet à l'impossible de se produire : Cette fois, c'est Limoges qui vient d'infliger un 15-2 à son adversaire. Plus qu'un panier de retard ! (71-73, 38° min). La victoire reviendra à celui qui saura garder la tête froide. Meneur contre meneur, Lazare confond vitesse et précipitation là où Darnauzan fait les choses dans l'ordre. Nouveau temps mort, 1 minute 04 et 4 petits points à rattraper... On entre alors dans une de ces fins de matches ultra hachées de fautes, les fautes de la dernière chance. Les Aixois sont maladroits, mais pas assez pour laisser perdurer l'espoir Limougeaud. L'arceau se refuse aux dernières velléités cerclistes, et le rideau finit par tomber sur
ce que l'on redoutait sans vraiment réaliser que cela pouvait se produire : une défaite à domicile. Limoges s'incline SUR SON PARQUET 71-79.

Alors la voila. La voila cette défaite à domicile. Ce monstre hideux qui n'ose dire son nom. Depuis le 23 octobre 2004, on avait oublié son goût. Le capitaine cercliste avait dit récemment que celle de Longwy était restée gravée dans sa mémoire. Tous ses partenaires sont désormais marqués de ce sceau de l'infamie que Beaublanc ne peut admettre. Messieurs, vous avez perdu. Apprenez, messieurs, que l'on ne perd pas à Beaublanc. Beaublanc saura vous le rappeler.
De quel côté doit on chercher des explications à cette défaite ? Une mauvaise digestion de la pastille avalée à Vichy, une équipe trop petite de 2m06, ceux de Latimore qui a tant fait défaut ? Possible mais pas seulement. Les meneurs, même s'ils ne jouaient pas au même niveau que Darnauzan ce soir (en particulier au niveau de l'adresse), ne sont pas forcément les plus à blâmer. Malgré Dubos, la raquette faisait elle aussi bien pâle figure. Un Burnett inutile comme un sparadrap sur une jambe de bois (3min, -3 d'éval) a obligé Storozynski a jouer bien plus qu'il ne faudrait, lui qui est plus à l'aise à l'aile. Ajoutez à cela la bonne prestation certes, mais écourtée par les fautes de Gouez (11 min, 8 pts, 3rbds), et il ne reste vraiment que Dubos. Bien sur, toujours régulier, il livre ce soir un bon match (40min, 20pts, 9 rebds, 26 d'éval), mais il ne sait pas s'affirmer comme le joueur majeur qu'il devrait être. On pourra pourquoi pas accuser un Bucknor, totalement transparent ce soir, à qui il n'est pas besoin d'être ministre pour expliquer que son maillot, il l'aime ou il le quitte. Aucun de ces points ne suffit pourtant à tout expliquer. Ce qui choque le plus, c'est probablement de voir que dès qu'elle est confrontée à une situation délicate, cette équipe se transforme en addition stérile de joueurs. Certains joueurs semblent par moment ne pas savoir que faire de leur ballon, et ont même parfois l'air perdu sur le terrain. Quand le sens du mot cohésion sera compris, et que les américains auront des stats d'américains, alors là peut être, le CSP saura faire peur à ses adversaires. En deux journées, le CSP est passé de la 4° à la 12° place.
Messieurs, si vous êtes dignes d'être cerclistes, montrez le samedi face à Brest.

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