Extérieur + défaite = routine ?

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Ce soir, les joueurs limougeauds ont joué avec nos nerfs. Après une belle entame, ils ont passé le reste du match à jouer avec le feu, avant de se laisser consumer sur la fin. Ce soir, on repense forcément au dernier match à l'extérieur, sur le terrain de Mulhouse. Même motif, même punition : un money-time mal géré et une 4° défaite en autant de matches à l'extérieur : 71-68.

Qui est ce grand joueur vêtu d'un maillot noir flanqué du numéro 15 ? En ce début de partie, c'est bel et bien à un match Gouez contre le reste du monde auquel on assiste. 4° minute, déjà 9 points et 0 fautes tandis que les locaux n'ont marqué qu'un tout petit point... à la cinquième minute les Nantais reviennent par leur premier « vrai » panier et ne se laissent pas trop distancer (5-9). Le géant Limougeaud sort déjà, il serait dommage de le griller dès le début de partie vu sa forme éclatante du jour. Thévenon prend alors la relève de loin (5-12, 6° min), immédiatement imité par Grant. Ragauskas et Bucknor assurent l'essentiel en préservant cet écart à bout portant (10-16, 8° min). Dubos, Grant, Komalski, Gayon, Storozynski... chacun y va alors de son tir manqué. Plus rien ne rentre jusqu'à la fin du quart temps. Enfin presque... Après le coup de sifflet, deux secondes supplémentaires sont allouées aux Nantais, deux secondes de trop qui permettent à Winters de presque effacer l'écart... 3 petits points pour Limoges (13-16). On notera que les deux minutes de jeu de Jacques Wampfler sont effectuées au poste 4.

Wampfler justement, impeccable à la reprise, tente de donner un peu d'air aux cerclistes, par deux réalisations bienvenues (13-20, 11° min). Gayon et Komalski ne l'entendent toutefois pas de cette oreille et reviennent à deux points tandis que Gouez, moins prolifique qu'en première période, retourne s'assoir après sa deuxième faute. Limoges défend en zone, hélas les extérieurs bretons sont en verve ce soir... Dessart donne un point d'avance à son équipe (21-20, 14° min). Bucknor rétablit la logique en allant chercher la faute et inscrivant ses deux lancers. Le score joue au yoyo, hésitant, oscillant entre les deux équipes (25-26, 16° min). Dubos tente alors de démontrer que la raquette limougeaude peut tenir le choc en l'absence de Latimore, et garde la tête de son équipe hors de l'eau (27-30, 18° min). Après un nouveau panier de Komalski, Fred Forté prend un temps mort et expose à ses joueurs son plan pour rentrer au vestiaire en tête. Devant l'échec de ce dernier, il récidive dans les dernières secondes après une faute de Renaux. Boutry marque un seul de ses lancers et ne parvient pas à faire mieux que d'égaliser, et c'est Thévenon qui clos la marque de cette première mi-temps, 30-32. Après une bonne entame, 9 points en 3 minutes, Limoges n'en a inscrit que 23 dans les 17 minutes qui ont suivi. La défense Nantaise n'a rien d'honteuse, mais n'explique pas non plus la maladresse des extérieurs cerclistes (1/7 à 3 pts). Les intérieurs assurent quand à eux l'essentiel en inscrivant la moitié des points de l'équipe. Côté Nantais, la situation est inverse : la zone cercliste les pousse à jouer de loin, et cela leur réussit. Pour autant de tirs lointains tentés, ils en inscrivent 3 de plus. A l'intérieur, la défense de Wampfler et consors bride toutefois sévèrement ses homologues à un tout petit 26% de réussite. Komalski est pour l'instant le meilleur Nantais avec 8 points, tandis qu'outre les 9 points de Gouez en début de partie, la marque noire et bien repartie avec 5 joueurs entre 4 et 6 points. Sans un réveil rapide des extérieurs, la fin de match risque d'être difficile (1/16 hors de la raquette, « des mains carrées » dixit JF Maison).

Au retour des vestiaires, Thévenon tente avec succès de faire remonter cette statistique lointaine, tandis que celle des Nantais ne baisse pas. Winters puis Charles varient alors les plaisirs et donnent deux points d'avance à leur équipe. Gouez et Thévenon se chargent d'inverser cet écart, mais impossible de faire le trou... Charles redonne une petite longueur d'avance aux siens d'un ennième tir lointain (40-39, 25° min). La première faute de Wampfler est mal venue et permet à Winters d'ajouter deux points à l'avance Nantaise. Gouez quant à lui, provoque déjà la troisième faute de l'ancien bordelais Owona et convertit le premier de ses tirs de réparation. Un vrai cercliste ne manque pas ses lancers, Thévenon décide donc d'enseigner sa technique à Gouez, et ne tremble pas pour obtenir l'égalisation (42-42, 26° min). Convaincu par l'exemple, notre gentil géant ne rate pas son geste suivant pour inscrire son 14° point. Storozynski n'aime pas les écarts faméliques et le fait savoir en réussissant là où les extérieurs peinent, à trois points. La bonne défense limougeaude offre plusieurs occasions de faire un break, mais sans succès pour Bucknor comme pour Storozynski. Ce dernier change donc de technique, et provoque la troisième faute de Komalski (42-49, 30° min). Gayon évite alors le KO en inscrivant un dernier panier de près. Limoges mène 44-49 à 10 minutes du terme.

Gouez montre alors qu'il est l'homme des débuts de quart temps et convertit brillamment la passe de Storozynski. Problème de replacement en défense ? Winters, en vrai perroquet, imite quasi instantanément Gouez de près, puis Storozynski de loin. Le grand blond ne se laisse pas faire, et fait bien comprendre à tout le monde que ses réalisations lointaines ne sont pas des accidents (3/4 au delà des 6m25 pour lui). Gouez lui permet alors de se reposer un cours instant avant de ressortir, pris d'une douleur à la cheville. Dessart et Winters font leur possible pour limiter la casse, avant que Bucknor ne les repousse à 6 points (53-59, 34° min). Pas franchement une marge de sécurité, mais ça pourrait suffire... Wampfler joue alors sa meilleure défense, et obtient les fautes de Winters puis Komalski (la 5°) qu'ils convertit toutes les deux (55-62, 35° min). En 1min 30, les Nantais rappellent alors qu'ils sont chez eux. Grant continue sa démonstration et reste à 100% de loin, Owona marque son premier panier, et Winters force Forté à prendre un temps mort avec un point de retard. Owona récidive, infligeant un 10-0 encaissé au plus mauvais moment. Thévenon, en bon capitaine, va chercher la faute, et ramène les siens à portée de fusil (65-63, 38° min). Winters, dégainant plus vite que son ombre dans un money time extrêmement tendu, enfonce le clou. Les cerclistes attendent longtemps, trop longtemps pour provoquer une faute et interrompre la possession Nantaise. 18 secondes, c'est peu pour rattraper 4 points, aussi brillantes que puissent être les directives de Fred Forté dans un nouveau temps mort. Kenny Grant sur la ligne de réparation assassine les visiteurs, 69-63. Thévenon, en capitaine qui ne s'avoue jamais vaincu, entretient l'espoir d'un tir lointain. Il fait faute immédiatement derrière et renvoie Grant sur la ligne à 5 secondes de la fin. Le dernier panier de Storozynski ne change rien à l'affaire, déjà clairement pliée. 71-68, score final.

Encore raté... Limoges n'a pas certes pas dominé ce match, mais est resté devant au score pendant la majeure partie du temps. Mais avec un 10-0 dans le dernier quart-temps, UN tout petit point marqué de la 35° à la 39°, il ne faut pas s'attendre à des miracles. Ce match n'a pas forcément été celui qu'on aurait pu attendre, avec une raquette cercliste supportant l'absence de Latimore grâce à un Gouez qu'on avait pas vu depuis un moment (16 pts, 6rbds, 3 ftes en 24 min), et un Storozynski retrouvé depuis la semaine dernière (11pts, 0/4 à 2pts mais 3/4 à 3pts). Bucknor a également aidé à compenser, plus par ses 16 rebonds (4off) que par ses 10 points. En deuxième mi-temps, Thévenon a également justifié son capitannat (16 pts en 37 min).
Pauvre CSP, qui a cru pouvoir se contenter de jouer 38 min 30 et s'est laissé démonter en 1min30 ; le spectre de la défaite de Mulhouse a désormais son frère jumeau. A l'extérieur, tout relâchement de concentration est fatal. Espérons que cette fois ci, Fred Forté et les siens auront compris la leçon et ne commettront pas la même erreur une troisième fois.

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