Bercy 3 : Le retour de la revanche !

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Limoges a corrigé Vichy 93-65 (soit un sévère écart de 28pts) en demi-finale de la Coupe de France de Basket et gagne ainsi son 3e ticket en 3 ans pour Bercy en espérant que cette nouvelle finale qui se jouera contre Chalon ne soit pas une 3e déception à 40min d'un fanion noir qui se fait désirer de puis trop longtemps... Analyse de la rencontre.

Coach Markovski avait pris sa décision : ce serait Zack Wright qui tiendrait compagnie à Chris Massie et Fred Weis (et Stanley Dubois) sur le banc limougeaud. Ouf donc pour Taylor qui malgré ses croquages récurrents semble conserver la confiance de son coach ou du moins la préférence par rapport à la "créativité" de Zack.

Pour ce qui est de nos visiteurs du soir, Etienne Brower et Antoine Eïto annoncés blessés sont bien en short à l'échauffement. Brower sera peu utilisé (15min et un tout petit match) visiblement gêné par sa blessure puis économisé en vue du mince espoir de maintien en ProA. Eïto a plus que tenu sa place mais nous reviendrons sur son cas plus tard.

QT1 : Un cercle immense

Autant vous le dire d'entrée : le CSP était dans un de ces fameux soirs "AVEC" (après une saison "SANS" il était temps me direz-vous !) et l'adresse à 3pts fut déterminante dans la physionomie de la rencontre. Ainsi dès les premiers échanges, Vichy subissait les assauts lointains d'un Cedrick BANKS chaud comme une baraque à frites en plein mois d'août. Ronnie Taylor lâchait trois fois de suite sa balle à un de ses camarades avant les 15 secondes au chrono (ce qui était un exploit il y a encore quelques semaines) et permettait ainsi au CSP de construire du jeu en attaque avec moult écrans et circulation sans ballon. Pour ne rien gâcher, la persuasion (ou les menaces ?) de Markovski commençait à faire effet puisque la défense donnait le sourire à tous les amoureux de ce basket fait d'engagement et de sueur. Voir un Taylor, un Hite et même un Banks (dans une certaine mesure) forcer en zone arrière, contester des déplacement et couper des lignes de passe avait le mérite paradoxal de procurer une satisfaction qui s'est longtemps faite attendre mais en même temps il était difficile de réprimer un petit "Ah s'ils s'étaient bougé le cul comme ça il y a 3 mois on parlerait playoffs et pas Boulazac !!!". Tout ça pour vous dire qu'avec un cinq majeur où figuraient également les très bons Salmon et Souchu, la JA en a bavé pour échouer à 25-17.

QT2 : Larrouquis tourne

Bon ce n'est pas un secret, entre les petits surnoms du type "notre maçon du coeur préféré" ou "Joe le parpaing"... il n'est pas difficile d'avouer que Thomas Larrouquis, ex bencher/arroseur/ouvrier du BTP limougeaud, n'est pas notre joueur préféré... mais force est de constater que ses saisons limougeaudes n'étaient que des errements puisque ce soir c'était lui qui tenait le rôle du JFL qui se débat dans une équipe qui prend l'eau. Il finit la rencontre avec 10pts 2rbds et 4pds (à 0/3 à 3pts... PARDON J'AI CRAQUé !!!) mais avec une intensité défensive, une agressivité remarquable et le plus beau tomar de la rencontre (pourtant fournie) qu'il a violemment écrasé sur deux limougeauds après être passé sous le cercle en ligne de fond. Un petit parfum de quai 54 et un geste bien trop rare en ProA. Tout ça pour vous dire que malgré le bon travail de Thomas Larrouquis, les verts et jaunes n'arrivaient pas à repasser sous la barre des 10 unités. Faute aux bombardements alliés de Banks et Salmon alors que coach Markovski prenait un malin plaisir à varier son effectif avec ce petit 5 small ball découvert par hasard un soir de secteur intérieur décimé et qu'il nous ressort régulièrement un peu comme une recette inventée sur un malentendu. Retour aux vestiaires sur un ultime 3pts de Hite qui n'a pas pu chambrer Shuler car il ne l'avait pas vu nous crucifier à l'époque... mais on s'en est chargé pour lui !

QT3 : Petite frayeur

Coach Besson a du faire le coup du volcan d'Auvergne à ses joueurs dans le micro-vestiaire visiteurs de Beaublanc puisqu'au retour sur le parquet la révolte semblait sonnée pour les hommes de la Jeanne d'Arc. Au cours de cette période, les balles perdues limougeaudes se sont multipliées, faute à des passes pas assez appuyées ou lachées un peu au hasard façon "patate chaude" (pas besoin de pointer Taylor du doigt vous aurez compris qu'il a un peu monopolisé la gonfle et que quand il la lâchait à un Banks sous pression on voyait souvent un gars en vert et jaune partir en layup de l'autre côté). Le jeune Antoine Eïto confirmait tout le bien entendu de lui avec des prises de responsabilité remarquables et une jolie réussite dans ses tirs (15pts au final à 75% dont un joli 3/4 à 3pts). Malgré tout, les individualités du CSP et le pécule accumulé plus tôt dans la rencontre permettait aux locaux de virer en tête au terme du QT3 62 à 50.

QT4 : Under pressure !

Un quart-temps littéralement Ebi-esque (Beaublanc a scandé par 2 fois son nom aux arrêts de jeu !). Notre intérieur chevelu nous a ré-ga-lés ! Utilisé par séquences (cf le 5 small-ball) il a systématiquement fait preuve d'un engagement et d'une volonté sans faille ! Pas un écran posé sans rappeler au malheureux qui se présentait que cette zone était SON territoire, pas un rebond acquis sans avoir à le repousser et pas un errement défensif qui ne soit sanctionné d'un violent dunk avec remontée sur le cercle en traction. A son crédit : l'action du match, tout simplement ! Face à une JAV qui avait décroché et des US laissés en liberté pour faire leurs stats, Ebi a rejeté violemment la tentative de tomar d'un Demetris NICHOLS réduit à jouer la pleureuse auprès de l'arbitre (un peu comme Larrouquis... pardon je n'ai pas pu résister). Imaginez : un grand intérieur US qui prend son appui milieu de raquette et qui monte déterminé à une main pour écraser du Spalding dans le cercle sur le nez du défenseur de service... des actions comme ça on en voit plein les top ten's NBA... sauf que là... EBI ! Notre pivot prend la même attitude, sa main se cale également sur le cuir et il arrête net le malehureux Nichols en plein vol ! La définition même du NOT IN MY HOUSE BABY!!! si cher à George Eddy ! Un deuxième évènement a émaillé cette dernière période : le craquage du petit Eïto jusque là remarquable qui n'a pas bien aimé se faire postériser par Ebi (encore lui !) et qui s'est pris une technique en allant lui chercher des noises (un rendez vous chez l'ophtalmo ou chez un psy s'impose parce que normalement les gars de son gabarit quand ils prennent un coup d'un gars comme Ebi, ils demandent pardon quand même !). Bronca de Beaublanc pour le jeune meneur vichyssois... jusque là rien d'anormal... sauf qu'il a sa fierté le gamin ! Non content de se faire huer comme ça lui arrivera rarement dans sa carrière, le gourmand en a redemandé... et a reçu ! Malheureusement, tout cela ne fut pas du goût des hommes en gris qui lui avaient demandé de ne pas en rajouter. Ses derniers gestes en direction des tribunes alors que son coach l'avait sagement rappelé à ses côtés lui ont donc valu une seconde technique (toutefois attribuée au banc puisqu'il venait d'être remplacé). Un petit 5/5 aux LF plus tard (Ebi pour le and-one, Hite et Desroses pour les techniques) le CSP enchainait sur un 12-0 entre dunks et passes lasers de quoi faire chavirer Beaublanc. Vichy avait tout lâché, l'écart atteignait les 30 unités et même leur pièce maîtresse (un certain Thomas L.) se fendait d'une bonne vieille bricasse bien sale signe que les carottes Vichy étaient archi-cuites 93-65.

>> Les stats complètes de la rencontre c'est ICI

On est en finale et alors ?

Quel bilan tirer d'une telle rencontre ? Encore une fois... des regrets quand on a confirmation du potentiel que l'on connaissait à cette équipe dont le coach arrivé un peu tard a du batailler (trop longtemps) pour imposer sa vision du jeu ô combien efficace à des égos surdimensionnés qui réalisent qu'en jouant ensemble ils gagnent et ne se font plus huer à la maison... bien au contraire.
Un petit mot sur Curtiss, intérieur massif au volume de jeu intéressant mais aux mains aussi carrées que les épaules de Massie. En bref du bon travail de prise de position, une gêne considérable en défense mais un maque criant de finition en attaque... surtout quand on a été habitué à la facilité d'un Massie tout sourire sur le banc !
Raphaël Desroses. J'avais juste envie de dire un mot : CAPITAINE. Travailleur, combattif, réglo et sympa... Président resignez-le et filez lui les clés de Beaublanc tout comme en son temps un Dacoury les avait eues au propre comme au figuré. Merci Raph, quelle classe !

Enfin, ayons tous une pensée pour notre président Forté qui tirait une gueule de 6 pieds de long quasiment toute la rencontre alors que ses joueurs développaient enfin du basket... deux explications à ce marasme : 1) son Blackberry sur lequel il prenait peut être rateau sur rateau pour son recrutement de ProB ou alors 2) la cuisante douleur du portefeuille à l'idée de payer les primes en cas de trophée... on ne le saura jamais mais en tous cas c'était assez surprenant pour être souligné.

Les plus courageux feront donc une 3e virée en 3 ans à Bercy pour voir l'affrontement Limoges CSP - Elan Chalon avec d'un côté un futur ProBiste avide de sauver sa saison et de l'autre une belle équipe qui s'est déjà mangé en finale de la Semaine des As et qui doit avoir tout sauf envie de regarder une 2e bande de pingouin soulever un trophée sous leur pif. Une bien belle finale en perspective si l'adresse est au rendez-vous !!!! Car c'est bien là la clé de cette belle victoire. Le CSP est toujours 3pts-dépendant. Si la mire est réglée, Limoges creuse des écarts, maintien l'adversaire à distance et tue le match. Sans adresse, Limoges panique, les US croquent et la défense en pâtit également... que nos amis Banks et Salmon continuent à voir les cercles aussi larges que le short de Weis et tout ira bien, dans le cas contraire on fera un 3e retour en train avec les fesses qui piquent...

Fashion victim ?

Allez, pour les plus courageux d'entre vous qui ont lu ma prose jusqu'au bout, une petite exclu : Beaublanc.com vous propose une petite création maison pour la finale de la Coupe de France. Un tshirt (décliné en Homme/Femme/Enfant) aux couleurs des deux finalistes et qui vous rendra non seulement irrésistible à Paris mais qui fera également de vous un bienfaiteur de notre site. N'hésitez donc pas à vous faire plaisir ou à offrir ce bel objet qui se portera aussi bien à la salle de sport que sous une veste avec un petit jean bien sympa.

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