2-0 pour Saint-Étienne, saison terminée !

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Si "certains joueurs étaient déjà en vacances" lors du match aller (selon leur coach), il n'est pas certain que tout le monde était de retour ce soir. Limoges a encaissé plus de 60 points, et c'est donc logiquement incliné. Alors que beaucoup de supporters rêvaient il y a encore très peu de temps de Bercy, Limoges se fait comme l'année dernière sortir au premier tour, en deux manches. Piteuse conclusion d'une piteuse saison, et défaite 95-87.

Côté Limougeaud, le 5 de départ est constitué de Lukovski, Toti, Jenkins, Oyono et Kennedy. Ils font face à Ingram, Buscaglia, Hachad, Holland et Passave.
Kennedy fait le premier trembler les filets, mais après un passage en force. C'est donc Holland qui ouvre le score sur une faute d'Oyono. Passave vole ensuite le ballon de Lukovski pour affirmer que Saint-Étienne n'a pas l'intention de se laisser marcher dessus dans sa salle. Hachad entame son habituel festival, rapidement suivi par Ingram. Limoges peine à mettre son jeu en place, et a déjà un genou à terre (10-4, 2° min). Almonte fait son entrée et fait rapidement du bien. Kennedy en revanche reproduit les erreurs du match aller et sort déjà sur sa deuxième faute. Le Dominicain conjugue ses efforts avec Toti pour ramener Limoges dans la rencontre (12-11, 5° min), mais les deux hommes ne peuvent pas tout faire face à des extérieurs Stéphanois qui ont une nouvelle fois la main très chaude (3/4 à 3 pts et 19-11, 6° min). Les extérieurs Limougeauds procèdent essentiellement par pénétration, et c'est seulement à la 7° minute que Lukovski tente le premier trois-points Limougeaud de la rencontre (avec succès). Salmon le suit rapidement à deux reprises, et climatise littéralement la salle (21-22, 8° min). Un dernier shoot de Larrouquis permet à Limoges d'être en tête après un premier quart très offensif où ce n'est qu'en utilisant enfin son jeu extérieur que Limoges a trouvé son salut (23-24, QT1).

Déjà bien plus rapide que les matchs habituels avec coach-Cousin, la rencontre accélère encore en début de deuxième quart. Mekdad et Salmon répondent du tac au tac à Passave et Buscaglia, à 2 et 3 points. Oyono se régale ensuite dans la raquette où il fait un chantier énorme sur une action à 3 points (28-32, 12° min). Pons a la main aussi chaude que ses comparses et le prouve, tandis qu'Oyono se voit déjà sanctionné de sa 3° faute. À coups de lancers-francs, Limoges tient la distance dans une salle très chaude (35-37, 14° min). Kennedy montre en attaque comme en défense de meilleures intentions que lors du premier quart ; même s'il n'ose pas défendre trop agressivement sur Hachad de peur d'une troisième faute, il enchaîne 6 points pour confirmer l'avance Limougeaude (37-43, 17° min). Les Stéphanois accusent sévèrement le coup. Lukovski provoque et exploite la 3° faute de notre bourreau officiel, Hachad, tandis qu'Haquet vendange un panier tout fait. Salmon assomme les locaux d'un 4° missile longue distance. Renaux trop agressif commet 3 fautes en moins de deux minutes, et offre 4 lancers à Pons et Ingram. Limoges n'a donc que deux possessions d'avance à la pause (41-47, MT). Si Aurélien Salmon n'a pas franchement été décisif la semaine passée, il fait ce soir un bien fou à Limoges avec un 4/4 à trois points. Et il faut bien ça pour suivre l'adresse des locaux (5/9 à 3 points pour les deux équipes). La rencontre est sur une base bien supérieure aux 60 points si souvent synonymes cette saison de défaite pour le csp, qui ne devra donc surtout pas lever le pied pour garder une chance d'arracher une belle.

Les deux équipes se neutralisent au retour des vestiaires, dans un jeu plus posé et plus brouillon. Mekdad et Ingram y vont chacun de leur perte de balle tandis que Kennedy et Passave alimentent le score dessous. Mekdad trouve la faille pour servir idéalement Salmon dessous, mais Ingram n'a besoin de personne pour scorer de loin. Si l'Américain ne trouve pas l'ouverture, Passave n'est jamais loin pour ramener Saint-Étienne dans le match (51-51, 25° min). Holland scelle même sur l'action suivante un 9-0 qui fait terriblement souffrir Limoges. Le jeu s'accélère à nouveau, et les cerclistes peinent à suivre ce rythme effréné. Les locaux sont incisifs en attaque et impeccables en défense, poussant même Limoges au bout des 24 secondes. Le quart semble passer à toute vitesse, sans que Limoges ne puisse s'adapter à l'accélération Stéphanoise. L'attaque des locaux est bien mieux placée, avec presque toujours un joueur présent pour conclure au rebond offensif. Le 3 points au buzzer de Buscaglia assène un nouveau coup dur aux cerclistes déjà abattus (62-56, QT3). Il reste 10 minutes d'espoir.

La balle circule vite et bien pour les locaux, trop vite même pour la défense des noirs. Le festival de 3 points reprend son cours, avec la participation de Lukovski, Hachad, Toti et... Hachad (étonnant non). Le Marocain et ses équipiers sont en train de se construire une victoire méritée, sans que Limoges ne trouve comment les stopper (72-64, 33° min). Olivier Cousin prend le temps-mort de la dernière chance. C'est le moment pour ces hommes de montrer s'ils en ont. Jenkins est le premier à répondre présent, inscrivant son premier tir lointain de la rencontre. Il est immédiatement suivi par Toti, et c'est cette fois coach-Thinet qui prend un temps mort moins d'une minute après le précédent (72-70, 35° min). Lukovski tente à son tour de dynamiter la remarquable défense Stéphanoise, sans succès. Ses équipiers ne parviennent pas non plus à confirmer, et sont à nouveau en difficulté lorsque leur tacticien interrompt une nouvelle fois le jeu (78-70, 37° min). Salmon trouve une nouvelle fois la mire de loin, mais son assaut est immédiatement annulé par Ingram. Les locaux ne commettent aucune erreur dans les instants qui suivent. Ils exploitent au maximum leurs possessions, provoquent de bonnes fautes des Limougeauds qui tentent le tout pour le tout pour récupérer de précieuses possessions. Quelques beaux coups de patte rapprochent lentement Limoges, mais il est bien trop tard. Les Limougeauds ont bien compris qu'ils passent leurs dernières secondes de la saison sur un parquet, et se contentent de sauver les apparences. Ils s'inclinent finalement 95-87.

Une nouvelle fois, la faillite collective chronique du csp a parlé, et a valu cette dure défaite. Certes, Limoges a fait une résistance très correcte en première mi-temps. Mais les 23 points encaissés en 10 minutes étaient déjà un indice que la défense n'était pas là. La victoire Stéphanoise est tout aussi méritée que mercredi dernier, Limoges n'a simplement pas pu se mettre au niveau de cette équipe taillée pour le maintien. Avec une adresse excellente pour les deux formations le match n'a pas été désagréable à suivre bien au contraire, mais Limoges a été tout bonnement incapable d'adapter son niveau de jeu en deuxième période. Pour une fois, on ne s'appesantira pas ce soir sur les performances individuelles des Limougeauds, bien futiles devant la frustration d'une saison ratée.
On rêvait d'un mois de compétition supplémentaire jusqu'à Bercy, mais on peut ranger les ballons, plier les shorts et sortir les transats. Fin d'une saison sur courant alternatif, qui laissera un goût amer dans la bouche de bien des supporters, comme des joueurs tels Daniel Oyono au micro de France Bleu.
Olivier Cousin explique cette défaite par le vécu collectif de Saint-Étienne, chez qui "personne n'aurait pu gagner ce soir". Convaincu que la qualification s'est perdue mercredi dernier et non ce soir, il assume ses responsabilités et ne reproche rien à ses joueurs ; il ne souhaite d'ailleurs pas se priver de tout le monde l'année prochaine, mais plutôt procéder à quelques ajustements afin d'avoir une petite chance de bénéficier d'un certain vécu collectif d'ici mai 2009... Fred Forte est en revanche bien moins tendre, blâmant à la fois ses joueurs étrangers (tous à la fois), au rapport qualité/prix inférieur aux Stéphanois sur ce match, ainsi que ses extérieurs, insuffisamment dangereux. Seul son coach échappe aux piques du président, qui reconnaît également l'échec mais reparle des blessures, et de la scoumoune récurrente.
Comme Saint-Étienne, Poitiers a également obtenu un billet pour les demies-finales en deux matchs. Bourg a en revanche obtenu le droit de disputer une belle, Rouen et Besançon ne joueront leur deuxième match que demain.
Bonne route à Saint-Étienne, et bon été à tous !

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